Réponse à courrier au

 

Président de la République

 

 

Par Monsieur Marc MEUNIER Chef du Cabinet du Ministre des affaires sociales et de la santé, en date du 12 octobre 2012.

 

"Le service de la correspondance de Monsieur le Premier Ministre a bien voulu transmettre à Madame Marisol TOURAINE, Ministre des affaires sociales et de la santé, votre courrier concernant votre état de santé.

Atteinte de fibromyalgie, vous faites part de votre situation douloureuse et sollicitez la reconnaissance de cette maladie.

La fibromyalgie, dont la prévalence est estimée à 3,4% chez la femme et à 0,5% chez l'homme, est un syndrome douloureux chronique s'accompagnant de fatigue et souvent de dépression, dont la cause reste inconnue malgré les nombreux travaux menés en France et dans le monde.

Elle ne comporte aucun signe objectif clinique, biologique, radiologique ni biopsique. Il n'existe pas, à ce jour, de traitement spécifique de la fibromyalgie.

Le traitement associe des médicaments (antalgiques, psychotropes, antidépresseurs) et des thérapeutiques non médicamenteuses : kinésithérapie et réadaptation à l'effort, psychothérapie, relaxation, réflexologie, acupuncture, neurostimulation par exemple.

En ce qui concerne la prise en charge de ces traitements, il semble utile de rappeler les règles qui s'appliquent à l'ensemble des assurés (art L 322.3 du code de la sécurité sociale) et qui offrent la souplesse nécessaire à une prise en charge équitable : la fibromyalgie, dont la présentation, la gravité et l'évolution sont très variables d'un patient à l'autre, ne peut être inscrite sur la liste des affections comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse (ALD 30).

En revanche, pour tout les cas de fibromyalgie reconnu comme grave et nécessitant des soins coûteux par le service médical ou en cas de refus initial par un expert, le patient bénéficie d'une exonération du ticket modérateur (ALD 31).

Afin de garantir que ces règles soient respectées de la même façon pour l'ensemble des personnes atteintes sur le territoire français, le Directeur général de l'Union Nationale des Caisses d'Assurance Maladie (UNCAM) et les médecins conseils nationaux des différentes caisses ont été saisis pour élaborer, à destination des médecins)-conseils, un guide de procédure sur la fibromyalgie.

De la même façon, le Directeur général de la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA) a été saisie pour que, dans le cadre des instruction données aux Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) sur la prise en compte des incapacités, un guide de procédure sur la fibromyalgie soit établi, pour une approche homogène de la prise en charge des formes les plus invalidantes sur l'ensemble du territoire.

De plus, la Haute Autorité de Santé (HAS), saisie par le Ministre de la Santé, a publié en juillet 2010 son rapport d'orientation : "syndrome fibromyalgique de l'adulte". La HAS y propose des orientation graduées et individuelles pour la prise en charge des personnes souffrant de fibromyalgie : 

  • évaluer la souffrance morale psychique et trouver des solutions pour les répercussions des symptômes sur la vie quotidienne ;
  • informer le patient de la réalité de son état, des possibilités de maintien de la vie professionnelle et sociale du patient ;
  • graduer la prise en charge en fonction de l'impact des symptômes en individualisant le plan de traitement.

En ce qui concerne la prise en charge par l'assurance maladie, prenant en compte la diversité des présentations cliniques, elle propose aussi, pour les formes les plus sévères, à titre individuel, et après avis de l'expert, une prise en charge convenant aux maladie invalidantes.

Depuis 2006, un plan de lutte contre la douleur chronique a été mis en place et s'articule autour de quatre axes : un premier concernant l'amélioration de la prise en charge des populations les plus vulnérables ; un deuxième prévoyant le renforcement de la formation pratique des professionnels de santé ; un troisième relatif à l'amélioration des traitements tant médicamenteux que non pharmacologiques ; un quatrième consistant à renforcer les structures de prise en charge et leur interconnexions au sein du parcours de soins prédéfinis, et de réseaux ou de coopérations inter-hospitalières, décloisonnant l'organisation régionale.

Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de ma considération distinguée."

 

 

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Article venant du blog de mon amie Fleurs14

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