Maladie d'Alzheimer
Tant que les facteurs favorisant le développement de cette maladie ne seront pas connus avec certitude, toutes les hypothèses pourront être envisagées.
"Le cuivre provenant de l'alimentation ne provoque aucun dommage à l'organisme, tandis que celui se trouvant dans l'eau du robinet est toxique."
"Il est clair qu'avec le temps l'effet cumulé du cuivre affecte le système permettant d'éliminer du cerveau la protéine bêta-amyloïde, qui est toxique et qui joue un rôle-clé dans la maladie d'Alzheimer", estime Rashid Deane, professeur de médecine au centre de neurochirurgie du centre médical universitaire de Rochester (Etat de New York, Etats-Unis). C'est le principal auteur de l'étude publiée hier dans les comptes rendus de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS). Selon ce spécialiste, l'accumulation de cuivre dans les vaisseaux sanguins contribue à l'apparition de cette redoutable affection. Son travail portait sur des souris et des cellules cérébrales humaines.
Mais ses conclusions vont à l'encontre de celles liées à des recherches effectuées par des Britanniques de l'université de Keele, au Royaume-Uni, et publiées en février dernier dans la revue Nature. Ces auteurs, qui ont mené leurs travaux sur les cerveaux de soixante personnes décédées d'Alzheimer ou d'une pathologie proche, affirment en effet : "La quantité de cuivre dans l'encéphale de personnes âgées, et plus particulièrement celles atteintes d'Alzheimer, est plus faible que chez les sujets normaux." Pour cette équipe, et bien d'autres, le cuivre empêche la formation des plaques de bêta-amyloïde.
Lien entre la maladie d'Alzheimer et l'utilisation de tuyauteries en cuivre
Tous les ingrédients sont donc en place pour qu'une querelle scientifique voie le jour. Le Dr Rashid Deane affirme que les deux études n'ont pas porté sur les mêmes mécanismes et que le problème est complexe. Certes, sinon l'origine de cette maladie neurodégénérative décrite par le médecin allemand Alois Alzheimer en 1906 aurait déjà livré ses secrets. Le spécialiste américain ajoute que ses travaux se sont concentrés sur les vaisseaux sanguins cérébraux, où l'accumulation de cuivre - qui est un oxydant puissant - affecte peu à peu le mécanisme permettant d'empêcher l'entrée des toxines dans le cerveau et l'élimination des protéines bêta-amyloïdes avant qu'elles ne forment des plaques séniles. Plaques qui, selon lui, ont des teneurs élevées en cuivre.
Le professeur George J. Brewer, retraité de l'université du Michigan (États-Unis), estime, pour sa part, que les travaux du Dr Deane aident à clarifier le rôle du cuivre comme facteur majeur de toxicité cérébrale observée avec la maladie d'Alzheimer. Ce chercheur a fait des études montrant "le lien entre l'épidémie de la maladie d'Alzheimer dans les pays industrialisés et l'utilisation de tuyauteries en cuivre". Selon lui, le cuivre provenant de l'alimentation, qui est organique, est essentiel pour la santé et ne provoque aucun dommage à l'organisme, tandis que le cuivre inorganique se trouvant dans l'eau du robinet est toxique.
Bien avant le cuivre, c'est l'aluminium qui a été mis en accusation. Des études réalisées chez l'animal ont montré sa neurotoxicité et de fortes concentrations en cet élément ont été découvertes dans le cerveau de malades décédés, à l'occasion d'une autopsie. Les seules certitudes actuelles sont que la maladie d'Alzheimer provient de l'interaction d'un terrain génétique "favorable" et de facteurs de l'environnement. Et que l'âge est le principal facteur de risque. De quoi laisser la place à toutes les hypothèses...
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