MON COMBAT CONTRE LA FYBROMYALGIE

Combattre l'injustice, les douleurs du monde et nos douleurs face à la maladie. La vie est un combat et malgré les maux, il nous faut avancer sur le chemin de notre destinée...

20 mars 2008

50 ans de combat

50 ans de combat

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Si le Téléthon a 21 ans, l'AFM, Association Française contre les Myopathies qui est à son origine, fête cette année ses 50 ans. 50 ans de combat contre la maladie avec toujours la même détermination : refuser, résister, guérir.

Créée en 1958 par des malades et parents de malades, reconnue d’utilité publique en 1976, l’AFM – Association Française contre les Myopathies – vise un objectif clair : vaincre les maladies neuromusculaires, des maladies qui tuent muscle après muscle.
Elle s’est fixé deux missions - guérir les maladies neuromusculaires et réduire le handicap qu’elles provoquent - et quatre axes prioritaires pour les maladies neuromusculaires : le développement des thérapeutiques, les actions vers les familles, la myologie et la revendication.
Pour remplir ces deux missions, l’AFM organise, depuis 1987, chaque premier week-end de décembre, le Téléthon, opération de collecte de fonds et de sensibilisation du grand public combinant une émission télévisée de 30 heures et des dizaines de milliers de manifestations dans toute la France. Le Téléthon est le moyen de collecte quasi-exclusif de l’Association. C’est également un vecteur d’information, de communication et de pédagogie essentiel pour l’AFM.
Depuis le premier Téléthon, des évolutions et révolutions déterminantes ont marqué le combat de l’AFM, porté par la détermination des malades, des familles, des scientifiques, des bénévoles et la générosité de millions de Français.

Ce combat amène l’AFM à intervenir au-delà du champ des maladies neuromusculaires.

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25 février 2007

l’autisme

Du nouveau sur le front de l’autisme

 

Communiqué de www.fondation-autisme.org

En ce mois de février 2007, deux résultats scientifiques majeurs viennent bousculer les données sur l’autisme, cette terrible maladie du développement cérébral. Beaucoup d’entre vous ont déjà eu l’occasion de parler de la Fondation Autisme, Agir et vaincre, de ses missions et ses moyens mis en œuvre pour aider la recherche sur la génétique de l’autisme. Aujourd’hui, nous tenons à attirer votre attention sur ces études publiées tout récemment. L’une suscite l’inquiétude, l’autre, un immense espoir pour les centaines de milliers d’enfants et de familles touchés en France.

Confirmation d’une prévalence très élevée

Alors que jusqu’ici, l’autisme touchait 1 enfant sur 166 (source INSERM), ce chiffre aurait encore augmenté. C’est ce que montrent les dernières études épidémiologiques menées depuis 2000 par le CDC (Centers for Disease Control and Prevention), sur des centaines de milliers de petits américains : la prévalence de l’autisme atteint désormais un enfant sur 150.

- On ne peut que s’inquiéter de cette prévalence extrêmement élevée et de l’impuissance actuelle à la freiner.

- On ne peut que se mobiliser encore davantage pour comprendre cette maladie d’origine essentiellement génétique. C’est là l’objectif phare de notre Fondation, qui a lancé, voici deu ans, la première banque génétique française pour l’autisme à disposition de toute la communauté scientifique internationale, hébergée au Généthon. Elle fonctionne grâce à la collecte, auprès des familles ayant un enfant atteint, des échantillons sanguins et des données cliniques. Avec un double objectif : donner un “coup d’accélérateur” à la recherche et permettre d’établir des diagnostics de plus en plus précoces.

- Près de 500 familles ont déjà participé. Soit plus de 2200 échantillons d’ADN mis à disposition des chercheurs. Mais ils ont besoin de bien davantage encore : d’où l’importance de mobiliser la majorité des familles concernées.

Des maladies dont certaines seraient réversibles !

Tout l’enjeu de la recherche s’illustre d’ors et déjà dans cette découverte aussi surprenante que prometteuse.

Des chercheurs d’Edimbourg et de Glasgow (Ecosse) ont obtenu, chez la souris, une régression complète du syndrome de Rett, maladie génétique appartenant au “spectre autistique”. De tels résultats laissent penser qu’on pourrait un jour guérir ces pathologies survenant dès la petite enfance et contre lesquelles on ne dispose à ce jour d’aucun traitement moléculaire.

www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/1138389

* Syndrome de Rett et autisme
L’un et l’autre sont des troubles envahissants du développement. Dans sa forme classique, le syndrome de Rett affecte presque exclusivement les filles : il amène très tôt une régression dans le langage et la mobilité. En cause, une mutation du gène MeCP2 (methyl-CpG-binding protein 2) que l’on retrouve également dans l’autisme. Lorsqu’il est normal, ce gène régule la fabrication de protéines actives dans le développement cérébral.

* Zoom sur l’étude
En induisant une mutation du gène MeCP2, Adrian Bird et ses collègues ont provoqué chez des souris le syndrome Rett. Puis à l’aide d’un composé chimique, ils auraient réussi à supprimer l’effet de cette mutation. Résultats : le gène est redevenu fonctionnel et les symptômes de la maladie ont été fortement atténués, voire supprimés dans certains cas.

Ces travaux ont créé la surprise en montrant – contrairement à ce que l’on pensait jusqu’ici – que les cellules nerveuses ne sont pas irréversiblement endommagées dans le syndrome de Rett et a priori dans l’autisme.

* Ces résultats sur modèle animal amènent à espérer, chez les humains, que la thérapie génique ou bien encore un médicament pourrait aider à restaurer ou remplacer le fonctionnement du gène MECP2. Mais il faudra pour cela attendre encore plusieurs années.

C’est un grand espoir pour des millions de personnes. Plus que jamais, il faut encourager la recherche sur ces maladies trop longtemps négligées et la participation des familles affectées par l’autisme à faire don de leur ADN.

 

Contact : Martine Ferguson Parent, Co-fondatrice et Directrice Générale
contact@fondation-autisme.org Tél. : 01 47 83 20 23

Sources pour la nouvelle prévalence autisme officielle CDC “1 sur 150″ :
www.autismspeaks.org /press/cdc_autism_prevalence .php
Etude épidémiologique entière CDC :
www.autismspeaks.org /docs/ADDM_ASD_MMWR_SS_Feb _2007.pdf
Couverture médiatique très importante :
www.autismspeaks.org /inthenews/cdc_report_coverage .php

Sources étude thérapie génique souris atteintes syndrome de Rett :
www.rsrf.org/reversal _experiment/index.html
Couverture médiatique internationale très importante
AP, Reuters, BBC … :
www.rsrf.org/reversal _experiment/media_coverage.html

Communiqué de www.fondation-autisme.org

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23 octobre 2006

12 mai: Journée mondiale du syndrome de fatigue chronique (SFC)

Cette maladie complexe, mystérieuse et controversée, pose davantage de question qu'elle n'en résout. Le syndrome de fatigue chronique (SFC) n'est certainement pas une nouvelle maladie : certains éléments indiquent que le SFC existait déjà voici des siècles d'ici. En règle générale, cette affection est encore trop mal connue, elle n'est pas assez vite diagnostiquée, et n'est pas suffisamment reconnue. Cette maladie est reconnue comme maladie dans notre pays par l’INAMI que depuis le 1er avril 2003. Toutefois, les patients souffrant de SFC méritent autant de soutien et d'implication scientifique que les individus souffrant d'autres maladies.

  1. L'appellation

Dans nos contrées, l'appellation “syndrome de fatigue chronique” est une expression consacrée. En fait, il s'agit du terme le plus neutre, ce qui en fait momentanément – et aussi longtemps qu'il n'existe pas de certitudes concernant la maladie – le terme le plus adéquat.
Dans la littérature anglaise, on trouve le terme chronic fatigue syndrome (CFS).

D'autres termes sont également utilisés, mais leur usage est moins courant.

Un terme plus ancien, aujourd'hui tombé en désuétude, est l'encéphalomyélite myalgique (EM). Cette appellation suggère qu'il s'agit d'une inflammation du cerveau et de la moelle épinière, avec, comme symptôme principal, une douleur musculaire.

L'appellation syndrome de fatigue postvirale (SFPV ou, dans la littérature anglophone PVFS) fait penser au fait que le syndrome ait été provoqué par l'une ou l'autre infection virale.

Le terme syndrome de fatigue chronique et d'immuno-déficience (SFCID ou CFIDS dans la littérature anglaise) s'inspire de la supposition qu'il s'agit d'une combinaison de fatigue chronique et d'une perturbation du mécanisme de défense.

  2. De quoi s'agit-il ?

Bien que peu de choses soient actuellement connues -au sujet de la formation de la maladie, il existe une définition exploitable.

Avant tout, pour que l'on puisse parler de SFC, le patient doit impérativement satisfaire aux deux conditions suivantes :

Présence d'une fatigue continue ou intermittente qui dure depuis 6 mois au moins, survenue subitement, parfois fluctuante, qui ne s'améliore pas après une période de repos qui diminue l'activité physique quotidienne de 50% par rapport au passé.

nez12  Fièvre (ig sensation)
nez12  Mal de gorge
nez12  Avoir les glandes enflées
nez12  Douleur ou faiblesse au  niveau des muscles, lent rétablissement après l'effort
nez12  Mal de tête
nez12  Articulations douloureuses
nez12  Troubles dans le fonctionnement du cerveau (concentration, mémoire, formation des mots, …)
nez12  Troubles du sommeil
nez12  Intolérance prononcée à l'alcool
nez12  Le commencement est soudain ou latent (les plaintes ne sont pas présente dès l'enfance)

Le syndrome de fatigue chronique est donc bien différent de la fatigue chronique. La fatigue chronique est, en effet, une plainte fréquemment rencontrée. C'est quasiment la raison la plus courante de consultation médicale. Environ 10% de la population adulte souffrirait de fatigue chronique. La fatigue est un symptôme atypique qui peut accompagner de nombreux problèmes corporels et psychologiques.

Bien que le SFC soit encore relativement vague, on parvient quand même, grâce à cette définition gehanteerde, à délimiter un groupe particulier de patients. Les personnes qui remplissent ces critères principaux, mais ne sont pas concernés par suffisamment de critères secondaires, ne sont pas considérées comme souffrant de SFC. On appelle leur maladie "fatigue chronique idiopathique".

  3. Chez qui survient le SFC ?

L'affection se manifeste le plus souvent auprès des personnes de 20 à 50 ans, l'âge "actif". En général, il s'agit de personnes qui mènent une vie chargée et stressante et qui exagèrent régulierement
Le SFC touche les individus de toutes les classes socio-économiques, un peu plus les femmes que les hommes, et légèrement davantage auprès du personnel enseignant, les professions médicales et paramédicales.

  4. Diagnostic

Etant donné que nous ne disposons pas encore de tests spécifiques, le diagnostic doit essentiellement être basé sur un questionnaire approfondi. La définition pourra servir de guide.
En règle générale, l'examen clinique ne débouche pas sur un résultat spécifique. Chez certains patients, on constate une rougeur au niveau de la gorge, un gonflement des glandes dans le cou et/ou sous les aisselles. La tension artérielle est souvent basse.
L'examen neurologique génère parfois des résultats erronés. Le test Romberg est souvent positif : ce qui signifie que le patient risque de perdre l'équilibre lorsqu'il doit se tenir droit, les pieds joints, tout en ayant les yeux fermés.
Une faiblesse musculaire est présente après un effort considérable, mais ne peut être constaté à l'état de repos. Il survient également fréquemment des contractions musculaires involontaires.

Le but n'est jamais d'effectuer des recherches à outrance, mais l'on peut en tous les cas, en son âme et conscience, considérer séparément afin d'évaluer si des maladies seraient décelées dans le cadre de recherches élargies réalisées par un infectiologue, un endocrinologue, une analyse sanguine approfondie, une ponction de moelle épinière, un test cycliste, une radiographie du thorax, des recherches particulières sur le cerveau (SPECTscan, analyse du schéma du sommeil, …)

  5. Causes

Il existe différentes hypothèses concernant les causes du SFC. Aucune n'a toutefois pu être prouvée de façon scientifique.

Une piste envisageable est celle d'un virus non encore identifié. Cela activerait de façon continue le système immunitaire, lequel libérerait dans le sang une certaine substance qui provoquerait la sensation d'épuisement.

Certains ne croient pas dans cette théorie de “nouveau virus”, mais voient la cause dans une maladie devenue chronique après une infection par un virus "connu" (virus de l'hépatite B ou C-, virus Epstein-Barr (agent de la mononucléose ou maladie de Pfeiffer ou kissing disease), HIV (virus du sida)…).

D'autres chercheurs recherchent du côté du système hormonal.

D'autres encore du côté des origines psychologiques ou psychiatriques.

La théorie la plus valable est celle du complexe des facteurs interagissant : résistance diminuée, infection virale, surmenage physique, réaction outrancière du système immunitaire, affaiblissement, structure de la personnalité, style de vie, …

  6. Que peut-on faire pour les patients atteints de SFC ?

Etant donné que les personnes souffrant de SFC ont souvent derrière eux une longue recherche, il est important que le patient et son entourage soient informés honnêtement au moment du diagnostic au sujet de la maladie, des possibilités et de l'évolution. Un accompagnement psychologique sera certainement nécessaire, car, en plus des désagréments corporels, les malades subissent aussi une pression psychologique : incertitude concernant l'avenir, incompréhension de la famille et de l'entourage, deuil dû à la perte d'autonomie, sentiment de culpabilité dû au fait de devoir abandonner les personnalités familiales et professionnelles, …

L'approche sera, dans la majeure partie des cas, multidisciplinaire : médecin généraliste, spécialiste en médecine interne, neuropsychiatre, physicotérapeute, médecins dans les branches paramédicales, psychothérapeute, … Puisqu'il n'y a pas d'unanimité concernant le traitement du SFC, le point de vue diffère d'un centre à l'autre.

Pour les personnes qui ont des troubles du sommeil pouvant être objectivés, les traitements avec somnifères, anti-épileptiques of antidépresseurs sont justifiés.

Etant donné que le système immunitaire semble bien jouer un rôle dans le processus de la maladie, on expérimente aussi les médications qui agissent sur le système de défense.

Le rôle des antioxydants, des vitamines et minéraux est également controversé en cas de SFC. Certains souscrivent à l'expression : “qui ne risque rien n'a rien !" Cependant, des overdoses peuvent survenir, surtout lorsque des suppléments sont ingérés sans l'accompagnement d'un médecin.

Dans la littérature, l'on retrouve de plus en plus d'éléments indiquant que les acides gras essentiels (acide linoléique et alfalinoleenzuur) joue un rôle dans le mécanisme de défense du corps contre les infections virales.

Les antagonistes du Calcium sont prescrits pour les patients qui souffrent de douleurs musculaires (75% des patients SFC).

Une thérapie comportementale cognitive apprend au patient à mieux vivre avec sa maladie, dans l'intention d'enrayer la spirale descendante. On leur donne des pistes d'aide pour avoir conscience de leur maladie, pour l'accepter, rechercher un rythme de vie adapté, et équilibrer ses activités.

En règle générale, il s'agira de trouver un équilibre entre l'effort et le repos. Au début, il est conseillé de se reposer beaucoup. Par la suite, on commence un programme de revalidation grâce auquel le patient apprend à chercher ses limites et à les respecter, tout en élevant doucement les efforts.

  7. Où peuvent s'adresser les malades du SFC ?

Associations de patients
Belgique
A.B.M.M. - Association Belge contre les Maladies Neuro-Musculaires
Rue du Blanc Bois, 2
1360 Perwez
Tél:
081/65.58.85
E-mail : abmm@village.uunet.be

Association E.M. (Encéphalomyélite Myalgique)
Dorp, 73
3221 Nieuwrode
Tél:
016/57.09.83
E-mail : me.vereniging@belgacom.net

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20 octobre 2006

Le syndrome de fatigue chronique



Auteur : Pr Pierre-Yves Hatron

Editeur scientifique : Pr Xavier Mariette

Date de création : décembre 2002


Définition
Le syndrome de fatigue chronique se caractérise par un état de fatigue invalidant associé à diverses manifestations fonctionnelles. Il ne s’agit pas d’un syndrome nouveau mais d’un état pathologique auquel différentes dénominations avaient été attribuées par le passé, comme neurasthénie, syndrome de fatigue post-infection virale, mononucléose chronique, voire brucellose chronique.

Epidémiologie
L’affection touche deux fois plus les femmes que les hommes et apparaît, en général, entre 25 et 45 ans. Cependant, elle peut également survenir chez l’enfant ou le sujet plus âgé. L’affection est sporadique, bien que de petites épidémies aient été rapportées suggérant le rôle possible de facteurs environnementaux ou infectieux. Aux Etats-Unis, la prévalence a été estimée à 100 à 300 sujets pour 100 000 habitants (1).

Physiopathologie
Celle-ci reste inconnue. Trois grandes hypothèses sont évoquées :

1. la première est une origine infectieuse et notamment virale. En effet, certains syndromes de fatigue chronique peuvent s’installer au cours d’une mononucléose infectieuse ou d’autres infections. Certains patients présentent des titres élevés d’anticorps contre différents virus notamment herpes virus, virus d’Epstein Barr ou Coxsackie. Cependant, les recherches d’antigènes et d’ARN viraux sont restées négatives.
2. la deuxième hypothèse est une origine immunologique. Un certain nombre d’anomalies des réponses immunitaires ont été rapportées : augmentation du nombre des lymphocytes T CD8, diminution de l’activité des cellules NK (Natural Killer). Cependant, aucune anomalie immunologique significative n’a été retrouvée de façon récurrente. Une anomalie de la Rnase L intervenant dans la dégradation de l’interféron a été décrite et demande confirmation.
3. la dernière piste est d’ordre psychiatrique ; des éléments dépressifs sont en effet retrouvés chez plus de la moitié des patients mais il reste à établir si ceux-ci sont purement réactionnels ou s’ils ont une part de responsabilité dans le tableau clinique. D’autres troubles de la personnalité sont souvent signalés.

Manifestations cliniques
En règle générale, le syndrome de fatigue chronique apparaît brutalement chez un sujet auparavant en bonne santé. Un état d’épuisement chronique s’installe souvent au cours d’un syndrome grippal ou d’un stress et s’accompagne de céphalées, de maux de gorge, de myalgies et d’arthralgies, de colopathie spasmodique parfois d’un fébricule observé à l’examen de petits ganglions douloureux. Les patients se plaignent également de troubles du sommeil, de la concentration, et des éléments dépressifs peuvent être retrouvés. Les myalgies sont souvent assez proches de celles observées dans la fibromyalgie et certains y voient là deux expressions différentes d’une même affection.
Chez certains malades, cette fatigue peut avoir un retentissement socioprofessionnel important. L’évolution de cette fatigue est souvent chronique, parfois fluctuante dans le temps ; chez certains patients, par contre, la fatigue peut évoluer spontanément vers l’amélioration voire disparaître totalement.

Diagnostic
Par définition, tous les examens biologiques sont normaux et ne servent qu’à exclure toute arrière-pensée de pathologie organique. C’est le cas de l’hémogramme, du bilan inflammatoire, du fer sérique, du bilan hépatique, des fonctions thyroïdiennes et cortico-surrénaliennes, du bilan phospho-calcique notamment. Il n’existe actuellement aucun test biologique permettant le diagnostic ; celui-ci repose donc sur un ensemble de critères définis par Fukuda K. en 1994 (3) (tableau I).
Certains patients répondent également aux critères de la fibromyalgie, ce qui souligne encore les parentés entre les deux affections et les grandes réserves qu’il faut avoir sur l’établissement de critères pour définir des états pathologiques essentiellement fonctionnels.
Le diagnostic du syndrome de fatigue chronique est un diagnostic d’élimination, et il est indispensable de ré-examiner régulièrement le patient afin de rechercher un éventuel élément nouveau ou qui serait passé inaperçu lors du premier examen (tableau II)

Tableau I

Syndrome de fatigue chronique
(CDC ATLANTA, 1988, révisés en 1994, FUKUDA)

1. Fatigue chronique

- persistante ou récidivante
- évoluant depuis au moins 6 mois
- dont le début est individualisable
- résistante au repos
- nécessité de réduire ses activités

2. associée à au moins 4 des symptômes suivants :

- trouble de la mémoire ou de la concentration
- pharyngite
- ganglions cervicaux ou axillaires
- myalgies
- polyarthralgies non inflammatoires
- céphalées
- sommeil non réparateur
- malaise après effort physique

3. Exclure

- maladie organique présente ou passée
- maladie psychiatrique avérée

Tableau II

Affections pouvant se révéler par une fatigue isolée

- Insuffisance corticotrope
- Myasthénie
- Myopathie
- Hémochromatose
- Hépatite virale C
- Maladie de Parkinson
- Sclérose en plaques
- Maladie coeliaque
- Apnée du sommeil
- Connectivites (syndrome de Gougerot-Sjögren
)

Traitement
Il n’existe pas de traitement spécifique. La prise en charge thérapeutique doit donc être symptomatique. Il importe d’abord d’informer le patient sur le diagnostic, l’état des connaissances actuelles sur l’affection et sur les perspectives d’évolution spontanément favorable. Il faut traiter les troubles du sommeil quand ils existent en évitant les benzodiazépines qui ont un effet délétère sur l’organisation du sommeil. Les anti-dépresseurs de la classe des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, notamment ceux qui s’accompagnent d’une activité noradrénergique, peuvent améliorer les éléments dépressifs associés et même la fatigue. Il faut conseiller au patient la pratique régulière et progressive d’exercice physique afin d’éviter une désadaptation musculaire à l’effort (4). Certaines études ont enfin mis en évidence un effet bénéfique des thérapeutiques cognitivo-comportementales (5).

Mots-clés
Syndrome de fatigue chronique - myalgie - arthralgie - céphalée - trouble du sommeil.

Références
1 - Steele L, Dobbins JG, Fukuda K, et al. The epidemiology of chronic fatigue in San Francisco. Am J Med. 1998; 105: 83S-90S.
2 - De Meirleir K, Bisbal C, Campine I, et al. A 37 kDa 2-5A binding protein as a potential biochemical marker for chronic fatigue syndrome. Am J Med. 2000; 108: 99-105.
3 - Fukuda K, Straus SE, Hickie I, et al. The chronic fatigue syndrome: a comprehensive approach to its definition and study. International Chronic Fatigue Syndrome Study Group. Ann Intern Med. 1994; 121: 953-959.
4 - Fulcher KY, White PD. Randomised controlled trial of graded exercise in patients with the chronic fatigue syndrome. BMJ. 1997; 314: 1647-1652.
5 - Sharpe M, Hawton K, Simkin S, et al. Cognitive behaviour therapy for the chronic fatigue syndrome: a randomised controlled trial. BMJ. 1996; 312: 22-26.


Adresse pour la correspondance :

Professeur Pierre-Yves Hatron
Service de médecine interne
Hôpital Claude Huriez CHRU
Rue Michel Polonovski
59037 LILLE CEDEX
FRANCE

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17 octobre 2006

Maladies invalidantes

Les fatigues chroniques, en raison de la multiplicité de leurs symptômes ne sont pas faciles à identifier. Néanmoins, grâce au travail des associations, leurs victimes ne sont plus considérées comme des malades imaginaires.

"Docteur, j'ai mal partout, je suis constamment fatigué(e), je ne récupère jamais."


Ils ou elles vont de médecin en médecin, se plaignant de douleurs diffuses qui les empêchent progressivement de marcher ou même de faire les gestes quotidiens les plus banaux, tandis que leur état psychologique se détériore. Malgré des symptômes nombreux, les examens habituels sont négatifs. Les médecins ont beau leur prescrire des antalgiques ou des anti-inflammatoires, des antibiotiques ou des tranquillisants, rien n'y fait. Ils peuvent rester des années sans qu'on trouve le bon diagnostic, tandis que leur état s'aggrave au point de ne plus pouvoir travailler. Combien sont-ils dans ce cas : des centaines de milliers.

Syndrome de fatigue chronique (SFC), fibromyalgie (FM), spasmophilie (SP), ces trois noms résument à eux seuls ces pathologies qui s'accompagnent d'une fatigue chronique d'origine inexpliquée et qui peuvent devenir invalidantes. La fatigue chronique est un sujet très complexe, car sa définition varie selon les chercheurs, les noms par lesquels on la désigne varient aussi et leurs causes restent jusqu'ici inconnues, même si périodiquement différentes hypothèses sont avancées. Le comble, c'est qu'il y a encore des controverses sur la réalité de ces maladies. Mal informés, trop de médecins et parfois même des hospitaliers pensent qu'il s'agit de pathologies psychiatriques. Il est vrai que les patients qui en sont atteints souffrent souvent de dépression ou d'autres troubles psychologiques, mais ces troubles, inexistants avant la maladie, en sont la conséquence et non la cause.

Le syndrome de fatigue chronique


Au milieu des années 1980, de véritables épidémies de fatigue invalidante frappent une population de jeunes cadres aux États-Unis, puis en Angleterre, des cas sont aussi observés en France. On parle de "syndrome des yuppies" (abréviation de Young Urban Professionnals). Un syndrome (qu'on retrouve avec le sida, syndrome d'immunodéficience acquise) désigne un ensemble de symptômes qui ne sont pas caractéristiques d'une maladie précise, mais peuvent relever de plusieurs pathologies. Tous sont atteints d'un syndrome grippal suivi d'une grande fatigue qui persiste plus de six mois et de très nombreux symptômes secondaires qui varient selon les sujets: douleurs articulaires et musculaires diffuses, fièvre, maux de tête et de gorge, perte de mémoire, troubles visuels, troubles du sommeil, troubles psychologiques, etc. Les examens pratiqués permettent d'écarter d'autres maladies mais pas de comprendre ce qui se passe. Lorsqu'on s'aperçoit que d'autres catégories sociales sont touchées, ainsi que des enfants ou des adolescents, différentes appellations sont proposées : neuromyasthénie, encéphalomyélite myalgique, mais c'est celui de syndrome de fatigue chronique qui est finalement retenu. Un terme trompeur en français, car il n'a pas le même sens qu'en anglais : une bonne traduction aurait dû parler d'épuisement chronique. En effet, il ne s'agit pas d'une fatigue dont on récupère par le repos, mais d'un épuisement extrême qui se manifeste par une fatigue disproportionnée par rapport aux efforts accomplis : il devient difficile de récupérer après des gestes simples comme faire sa vaisselle et même les efforts intellectuels ou la réaction au stress peuvent entraîner une fatigue psychique intense.

Bien qu'il ait été défini dès 1987 par le CDC (Centre de contrôle des maladies) aux États-Unis, puis reconnu par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et qu'il ait fait l'objet de nombreux congrès et articles dans la presse médicale, le syndrome de fatigue chronique (SFC) reste mal connu en France. Ce qui complique les choses, c'est sa ressemblance avec les fatigues chroniques de longue durée présentes dans de nombreuses maladies : hypothyroïdie, anémie (par carence en fer), fatigues chroniques d'origine virale après une infection qui peut être inapparente (mononucléose, infection à cytomégalovirus, hépatites B ou C, etc.). Dans le cas de l'hépatite B et surtout de l'hépatite C qui est beaucoup plus fréquente, si l'infection devient chronique, le patient qui en est atteint, parfois sans le savoir, peut subir une fatigue intense, sans autres symptômes. Le SFC peut aussi être confondu avec la dépression, et il faut bien distinguer les dépressifs purs des patients SFC atteints d'une dépression qui est la conséquence de leur état et non sa cause.

La fibromyalgie


Enfin le syndrome de fatigue chronique peut aussi être confondu avec la fibromyalgie (FM), un autre syndrome d'origine inexpliquée et lui aussi encore trop méconnu, même si on en parle plus aujourd'hui. La FM, parfois appelée syndrome polyalgique idiopathique diffus (SPID), se caractérise elle aussi par des douleurs articulaires et musculaires diffuses et une fatigue intense, l'ensemble durant depuis plusieurs mois, accompagné de troubles fonctionnels divers (maux de tête, troubles digestifs et urinaires, troubles du sommeil, etc.). Comme le SFC, la FM est encore trop souvent assimilée à une maladie psychiatrique, en raison de sa composante dépressive. Pourtant, elle est connue depuis le début du XXe siècle, sous le nom de fibrosite. Elle a été décrite en France en 1981, par le Pr Marcel-Francis Kahn, rhumatologue à l'hôpital Bichat (Paris), et est reconnue par l'OMS comme maladie rhumatismale depuis 1992. Sans doute plus fréquente en France que le SFC ou en tout cas mieux étudiée, elle se distingue de celui-ci par l'absence de syndrome grippal et par des douleurs plus intenses. L'un des principaux moyens de diagnostic se fait d'ailleurs par la pression de points cutanés : si au moins onze de ces points sur dix-huit sont douloureux, on considère qu'il y a bien une FM. Mais les spécialistes ne sont pas toujours d'accord sur le nombre ou la localisation de ces points. Certains se demandent, comme le DrKochman, psychiatre, attaché au service de médecine interne au CHRU de Lille (voir interview ci-contre) si la FM et le CFS ne sont pas une seule maladie. En outre, des spécialistes comme le Pr Kahn estiment que la FM est une maladie uniquement féminine, affirmation que ne partagent pas la plupart de ses confrères et qui est contestée par les associations de malades, qui ont des hommes parmi leurs adhérents.

La spasmophilie

Troisième grande maladie ou plutôt troisième grand syndrome de fatigue chronique : la spasmophilie. Moins invalidante que le SFC ou la FM, la spasmophilie (SP), est caractérisée par une hyperexcitabilité neuromusculaire et, contrairement à la FM et au SFC, ressemble plus à l'hyperthyroïdie qu'à l'hypothyroïdie. Les patients atteints de SFC ou de FM peuvent être simultanément spasmophiles. Là encore, l'existence même de cette maladie est contestée. "C'est une spécificité française et en voulant en faire une maladie organique, je crains que l'on passe à côté de troubles psychiatriques que sont le syndrome de panique et la crise d'angoisse", explique le Dr Kochman. Il ne croit guère à l'existence de la spasmophilie. Mais son avis n'est pas partagé par le Dr Eisinger, du service de rhumatologie de l'hôpital de Toulon-La Seyne (sur le site internet: infomyalgie.com), et bien d'autres de ses confrères.

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09 octobre 2006

ALGIE VASCULAIRE DE LA FACE

Névralgie migraineuse = Céphalée histaminique =

AVF: algie vasculaire de la face = clusters haedaches

Affection rare, d'étiologie inconnue , essentiellement de l'homme jeune. Il s'agit de crises de douleurs de l'hémiface, à maximum orbitaire, strictement unilatérales, toujours du même côté. La douleur est fréquemment associée à un larmoiement, une rougeur conjonctivale, une rhinorrhée et un syndrome de Claude Bernard-Horner (énophtalmie myosis et ptosis). Dans 80 à 90% des cas, l'algie vasculaire de la face (AVF) est épisodique, évoluant par salves pendant lesquelles les crises douloureuses surviennent quotidiennement. Les salves surviennent pendant des périodes de 3 à 10 semaines, avec crises quotidiennes. Ces salves se répètent périodiquement, le plus souvent 1 à 2 fois par an. Les crises (épisodes douloureux) durent de 15 à 120 min, et surviennent volontiers à heures fixes, notamment la nuit ou après la prise d'alcool, et se répètent 1 à 3 fois par 24 h. Beaucoup plus rarement, l'AVF est chronique, c'est-à-dire avec des crises quotidiennes.

Âge de prédilection: début: 30 ans chez l'homme  , très rare chez la femme de moins de 40 ans ,Début plus tardif, autour de la ménopause chez la femme Homme / femme =6/1 , déclenchées par la prise d'alcool. Incidence plus élevée d'ulcères gastro-duodénaux et de maladie coronarienne chez l'homme. Antécédent de migraine plus important chez la femme

Elle est très stéréotypée et associe

  1. Douleur de début brutal : atteignant son maximum en quelques minutes , durant de 15 minutes à 2 heures, siégeant dans la région orbitaire, toujours unilatérale et du même côté, très   intense, atroce, à type de broiement ou de déchirure, rarement pulsatile
  2. Patient généralementagité
  3. Signes neurovégétatifs homolatéraux à la douleur
          
     
    • Syndrome de Claude Bernard-Horner 
    • Larmoiement 
    • Rougeur oculaire (injection conjonctivale) 
    • Rhinorrhée 
    • Catarrhe nasal 
    • Sudation 
    • Œdème de l'hémiface

Profil évolutif caractéristique :  Crises douloureuses quotidiennes, survenant à heures fixes  Évoluant par salves de 3 à 10 semaines, se répétant 1 à 2 fois par an

Diagnostic différentiel:

  1. Les autres algies faciales       
    1. Hémicrânie paroxystique chronique: crises ayant les mêmes caractéristiques que l'AVF, mais beaucoup plus courtes (5 à 20 minutes) et beaucoup plus fréquentes (10 à 30 par jour) très sensible à l'indométacine
    2. Névralgie du trijumeau
    3. Névralgie du glosso-pharyngien
  2. Migraine: certaines formes de migraines ont des caractéristiques communes avec l'AVF
  3. Artérite temporale de Horton (AVF du sujet âgé)
  4. Dissection de l'artère carotide interne
  5. Douleurs faciales secondaires à une pathologie tumorale (cancers ORL surtout)
  6. Glaucome aigu par fermeture de l'angle , Scanner cérébral et surtout IRM demandés en cas de doute diagnostique

Diagnostique positif  : Les caractéristiques de la douleur et son profil évolutif font le diagnostic. L'examen clinique neurologique est toujours normal, à l'exception du syndrome de Claude Bernard-Horner qui persiste parfois. Aucun examen complémentaire ne peut confirmer le diagnostic d'AVF qui est clinique.

Traitement : Durant les périodes de salves, éviter l'alcool et le stress, qui peuvent déclencher des crises

1- Traitement de la crise 

  1. Sumatriptan 6 mg en injection sous-cutanée, à répéter 1 heure après si nécessaire (ne pas dépasser 12 mg par 24 h)
  2. Dihydroergotamine ou tartrate d'ergotamine en spray (DHE spray) ou injectable ou en suppositoire dès le début de la crise
  3. Oxygène 100% (8-10 l/min) pendant 10 à 15 min administré à l'aide d'un masque dès le début de la crise (les bouteilles à oxygène sont alors installées à domicile comme pour les insuffisants respiratoires chroniques) , Les autres antalgiques sont en général inefficaces.

2- Traitement de fond: pas toujours indispensable; sa prescription et sa durée dépendent de la durée des salves, de la sévérité des crises et de la tolérance du patient.

  1. Tartrate d'ergotamine (voir plus haut) prescrite 30 min à 1 h avant l'heure présumée de la crise. Utilisable uniquement chez les patients dont les crises surviennent à heures fixes et seulement pendant quelques jours (la prise d'ergotamine quotidienne pendant plusieurs semaines est contre-indiquée en raison du risque d'ergotisme). Contre-indication des macrolides durant la période du traitement
  2. Vérapamil (120 à 480 mg/j) prescrit après vérification de l'absence de contre-indication cardiaque; c'est un excellent traitement de fond, bien toléré par le sujet jeune
  3. Carbonate de lithium, très efficace mais nécessitant un respect absolu des contre-indications et une surveillance de la lithémie qui doit rester < 0,9 mmol/l. - Méthysergide (3 à 18 mg/j), efficace mais dangereux du fait du risque de fibrose rétropéritonéale
  4. Corticoïdes (habituellement prednisone per os à la dose de 1/2 mg/kg/j rapidement diminuée), efficaces mais il existe souvent un effet rebond à l'arrêt du traitement à l'origine d'une fréquente corticodépendance. Ils ne sont donc prescrits qu'en dernière intention dans cette indication. NB : Sumatriptan contre-indiqué pendant la grossesse. Dihydroergotamine injectable ou en spray contre-indiquée. Vérapamil, méthysergide, carbonate de lithium contre-indiqués le 1er trimestre

Surveillance régulière pendant les salves afin d'évaluer l'efficacité des traitements (de la crise de fond) ainsi que la tolérance. Conseiller au patient de consulter à nouveau en cas de nouvelle salve

Complications: L'AVF n'entraîne pas de complications par elle-même , Possibilité de blessure pendant les accès douloureux (suicide auto-mutilation .) , Les médicaments prescrits pour le traitement de la crise et le traitement de fond ont de nombreux effets secondaires.

Évolution : Les crises disparaissent totalement à la fin de la salve. Les salves peuvent récidiver 1 à 2 fois par an.

Source

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03 octobre 2006

Syndrome de Gougerot-Sjogren

Auteur : Docteur Pascal Hilliquin
Editeur scientifique : Professeur Loïc Guillevin

Nom de la maladie et ses synonymes
Syndrome de Gougerot-Sjogren ; Syndrome de Mickulitz ; Syndrome sec.

Définition / Critères diagnostiques
Le syndrome de Gougerot-Sjogren (SGS) est une affection inflammatoire chronique caractérisée par une sécheresse oculaire et buccale définissant le syndrome sec. Le syndrome sec peut être associé à l'atteinte de différents organes. Sur le plan histopathologique, le syndrome de Sjogren se caractérise par une infiltration lymphoplasmocytaire des glandes salivaires.
Le SGS est une maladie systémique ou auto-immune pouvant être primitive, c'est-à-dire isolée, ou secondaire, c'est-à-dire associée à une affection systémique telle que la polyarthrite rhumatoïde, la sclérodermie ou la polymyosite. La complication la plus redoutable du syndrome de Sjogren est la survenue d'un syndrome lymphoprolifératif.

Nom des maladies exclues - Diagnostic différentiel
Le diagnostic de SGS primitif ne peut être retenu qu'après avoir éliminé une connectivite ou autre affection susceptible d'être accompagnée d'un SGS secondaire (tableau 1).

Tableau 1 : Autres affections dysimmunitaires pouvant être associées à un SGS
Polyarthrite rhumatoïde
Lupus érythémateux disséminé
Sclérodermie
Connectivite mixte (Syndrome de Sharp)
Cirrhose biliaire primitive
Polymyosite
Vascularites
Thyroïdite auto-immune
Hépatite chronique active
Cryoglobulinémie mixte

Une infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou par le virus de l'hépatite C peut s'accompagner d'un syndrome sec clinique. Toutefois les anomalies histologiques des glandes salivaires accessoires ne correspondent pas à ce qui est habituellement observé dans le SGS, avec en particulier une infiltration par des lymphocytes de type CD8 dans l'infection à VIH et non par des lymphocytes CD4.

Epidémiologie - Incidence
Le SGS peut survenir à tous les âges de la vie, avec un pic de fréquence à l'âge moyen de la vie, au cours des quatrième et cinquième décennies. Le sex ratio est de 9 femmes pour un homme. Des formes familiales sont parfois observées. Le SGS est un véritable "syndrome carrefour" au sein des maladies auto-immunes en raison de l'existence des formes secondaires. La situation la plus couramment observée est celle du SGS secondaire, notamment à une polyarthrite rhumatoïde dont il émaille l'évolution dans environ 20 à 30% des cas.

Description clinique
L'expression clinique du SGS est différente selon qu'il s'agit d'un SGS primitif ou secondaire. Le SGS primitif se caractérise en effet par la plus grande fréquence des atteintes viscérales, neurologiques ou d'une vascularite.

  • Syndrome sec

Le syndrome sec notamment oculaire et buccal caractérise le SGS qu'il soit primitif ou secondaire. Il peut être isolé et parfois au second plan notamment en cas de SGS secondaire.

Syndrome sec oculaire
Les signes fonctionnels de la xérophtalmie ou sécheresse oculaire sont des picotements oculaires, la sensation de sable ou d'un voile devant les yeux, l'absence ou l'insuffisance de larmes ou la survenue de conjonctivites. Le syndrome sec oculaire est objectivé par le test de Schirmer ou le test de rose Bengale.

Syndrome sec buccal
Il s'agit de l'autre manifestation clinique la plus fréquente du syndrome sec. La xérostomie se manifeste parfois par une gêne lors de la mastication ou la déglutution. A un stade avancé, les patients se plaignent d'une sensation de brûlure de la langue et des gencives. On note parfois une hypertrophie des glandes parotides, rarement volumineuses.

Autres manifestations du syndrome sec
Le tarissement des sécrétions trachéobronchiques peut être à l'origine d'infections récidivantes. Le syndrome sec peut également toucher le nez, le pharynx et les oreilles et occasionner des douleurs pharyngées, un enrouement ou des infections récidivantes.
La sécheresse cutanée s'accompagne d'une peau sèche et squameuse. Le tarissement des sécrétions vaginales est à l'origine d'un prurit local et d'une dyspareunie.

  • Manifestations systémiques du SGS

Les manifestations articulaires sont très fréquentes au cours du SGS. Il s'agit habituellement d'arthralgies isolées, sans manifestations objectives. Les arthrites distales sont plus rares ; elles se distinguent de la polyarthrite rhumatoïde par l'absence d'érosions articulaires.

Les myalgies sont fréquemment observées au cours du SGS. La biopsie musculaire peut mettre en évidence une myosite non spécifique.

Une atteinte respiratoire est observée dans environ 30% des cas. Elle se manifeste radiologiquement par une atteinte interstitielle pouvant évoluer vers une fibrose interstitielle diffuse. Dans certains cas l'atteinte pulmonaire est résistante au traitement par les corticoïdes et les immunosuppresseurs et constitue un élément pronostic péjoratif.

Une vascularite à expression cutanée ou neurologique peut compliquer l'évolution d'un SGS. Les vascularites cutanées se manifestent par un purpura ou une urticaire. Les manifestations neurologiques en rapport avec une vascularite correspondent le plus souvent à une neuropathie périphérique sensitivomotrice des membres inférieurs.

Des manifestations diverses en rapport avec une atteinte du système nerveux central peuvent être observées. Il peut s'agir notamment de l'atteinte des nerfs crâniens. Des signes psychiatriques en rapport avec une vascularite cérébrale constituent un élément de mauvais pronostic. Ces manifestations sont extrêmement polymorphes et de diagnostic difficile.

D'autres manifestations cliniques peuvent être observées à type de splénomégalie, d'adénopathies périphériques, de syndrome de Raynaud, d'atteinte oesophagienne ou gastrique, d'atteinte rénale à type de tubulopathie. Il existe une association préférentielle entre le SGS et la thyroïdite d'Hashimoto. Une cholestase associée doit faire rechercher une cirrhose biliaire primitive, caractérisée par la présence d'anticorps anti-mitochondrie.

Signes biologiques

  • Signes biologiques non spécifiques

Les signes biologiques les plus habituels sont l'existence d'un syndrome inflammatoire avec élévation de la vitesse de sédimentation, et d’une anémie de type inflammatoire. Une leucopénie ou une thrombopénie sont plus rarement observées. Une hypergammaglobulinémie de type polyclonale est une constatation fréquente au cours du SGS. La disparition en cours d'évolution de l'hypergammaglobulinémie avec apparition d'une hypogammaglobulinémie doit faire craindre la survenue d'une hémopathie.

  • Anomalies immunologiques

Plusieurs anomalies immunologiques sont fréquemment observées, mais aucune d'entre elles n'est spécifique du SGS. Le facteur rhumatoïde est détecté dans environ deux tiers des cas, aussi bien dans le SGS primitif que dans les formes secondaires. Des complexes immuns circulants sont parfois détectés, de même qu'une cryoglobulinémie, celle-ci s'accompagnant parfois d'une vascularite. Le taux du complément sérique est parfois abaissé, pouvant parfois faire suspecter un lupus associé.
Les anticorps antinucléaires recherchés en immunofluorescence indirecte sont détectés chez plus de deux tiers des malades atteints de SGS primitif et environ une fois sur deux dans le SGS secondaire. La présence d'anticorps anti-ADN natif est possible (environ un quart des cas), mais les anticorps les plus caractéristiques du SGS sont des anticorps dirigés contre des antigènes nucléaires solubles, les anticorps anti-La/SSB et les anticorps anti-Ro/SSA. L'anticorps anti-SSB ou anti-La est plus caractéristique du SGS primitif ; il est détecté dans 50% à 70% des cas, et s'associe environ une fois sur deux à la présence d'anti-SSA ou anti-Ro. La détection des deux auto-anticorps, anti-SSA et anti-SSB, est très évocatrice du syndrome de SGS. L'anticorps anti-SSB est moins souvent retrouvé dans les SGS secondaires et à des taux plus faibles. L'anticorps anti-SSA est présent dans 30 à 60% des cas dans le SGS primitif, et seulement dans 10% des cas de SGS secondaire. L'anticorps anti-SSA peut ne pas être détecté lors de la recherche des anticorps antinucléaires par immunofluorescence indirecte (faux négatifs). Sa recherche doit ainsi se faire indépendamment, en utilisant des substrats spécifiques. L'anticorps anti-SSA est associé à des formes plus graves du SGS avec vascularite, atteintes viscérales et signes hématologiques.

La fréquence de positivité des différents auto-anticorps est à interpréter avec précaution, car celle-ci varie en fonction de la technique de détection utilisée.

D'autres auto-anticorps sont parfois présents tels que les anticorps anti-thyroglobuline, anti-microsome thyroïdien, anti-mitochondrie, anti-muscle lisse. Les anticorps anti-canaux salivaires ne sont pas recherchés en pratique courante et ne sont pas spécifiques du SGS.

L'existence de certains allèles HLA n'est pas un critère diagnostique du SGS. Le SGS s'associe toutefois avec prédilection à l'haplotype HLA B8-DR3. L'intolérance relativement fréquente vis-à-vis des traitements de fond avec survenue d'effets indésirables pourrait être liée à l'antigène DR3, mais ceci n'a jamais été démontré.

Méthodes de diagnostic
Le SGS est suspecté sur l'existence d'un syndrome sec clinique. Le syndrome sec est confirmé par l'examen ophtalmologique avec réalisation des tests de Schirmer et de Rose Bengale. Il convient toutefois d'éliminer d'autres causes de syndrome sec telles que la prise de médicaments psychotropes, parasympathicolytiques, d'antihypertenseurs, ou la notion d'une irradiation préalable en regard des glandes salivaires.

La confirmation du SGS repose sur la biopsie des glandes salivaires accessoires. Ce geste simple est réalisé en ambulatoire et consiste en un prélèvement sur la face muqueuse de la lèvre inférieure. L'examen histologique des glandes salivaires renseigne sur l'importance de l'infiltrat lymphocytaire, l'altération des structures glandulaires, acini et canaux excréteurs, et la fibrose du parenchyme. Différentes classifications ont été proposées pour quantifier l'infiltrat lymphoplasmocytaire telles que la classification de Chisholm et Chomette et celle de Chisholm et Masson. L'infiltration lymphocytaire est habituellement classée en fonction de son importance en 5 stades, le stade 0 correspondant à une glande normale. Les stades 3 et 4 sont en général très évocateurs du SGS. L'infiltrat lymphocytaire débute et prédomine autour des vaisseaux ; il peut s'organiser en véritables follicules. Il s'associe à une sclérose collagène d'intensité variable. Les stades précoces sont caractérisés par la prédominance de l'infiltration lymphoplasmocytaire alors que la fibrose prédomine aux stades tardifs, aboutissant parfois à une atrophie glandulaire rendant le diagnostic très difficile.

Les techniques morphologiques permettant d'étudier les glandes salivaires telle que la sialographie ne sont pas utilisées en pratique courante. Il en est de même de la scintigraphie des glandes salivaires et de l'étude du flux salivaire.

Prise en charge - Traitements
Les médicaments visant à stimuler la sécrétion salivaire sont en général peu efficaces pour le traitement du syndrome sec buccal. L'insuffisance lacrymale est traitée par l'instillation pluriquotidienne de larmes artificielles.

Dans les formes articulaires de la maladie, l'hydroxychloroquine est utilisée en tant que traitement de fond, associée à un antiinflammatoire non stéroïdien ou parfois à une corticothérapie par voie orale à faible dose (<10 mg/jour). Le recours au méthotrexate est plus rare. Le SGS secondaire ne requiert pas de traitement spécifique, en dehors de celui de l'affection associée et du traitement local du syndrome sec.

Les formes systémiques du SGS nécessitent parfois le recours aux corticoïdes à fortes doses par voie orale ou en bolus et à des immunosuppresseurs tels que l'azathioprine ou le cyclophosphamide. L'utilisation de tels traitements s'adresse notamment aux formes avec vascularite ou syndrome interstitiel pulmonaire.

Complications
Les complications locales du syndrome sec telles que les kératites sont en général sans gravité et facilement accessibles à un traitement local.
La complication principale et la plus redoutable du SGS est la survenue d'un lymphome. Il s'agit le plus souvent d'un lymphome malin de type B. Quelques cas de pseudo-lymphome correspondant à une prolifération lymphoïde sans caractère histologique de malignité ont cependant été rapportés. Un lymphome peut être suspecté en cas d'apparition d'une hypogammaglobulinémie. Ces patients doivent être régulièrement surveillés pour dépister les premières manifestations d'une hémopathie notamment l'apparition d'adénopathies périphériques, d'une splénomégalie ou de signes spécifiques d'organe.

Questions non résolues et commentaires
L'étiologie du SGS n'est actuellement pas connue. L'hypothèse la plus probable fait intervenir une infection par un virus sialotrope, survenant sur un terrain génétique prédisposé. Si plusieurs virus ont été suspectés, le rôle direct d'aucun d'entre eux n'a pu être démontré. De plus les syndromes secs observés au cours de l'infection par le VIH ou associés au virus de l'hépatite C n'ont pas les mêmes caractéristiques que celles du SGS.

Références bibliographiques
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Docteur Pascal Hilliquin
Service de Rhumatologie A
Hôpital Cochin
27 rue du Faubourg Saint-Jacques
75679 PARIS Cedex 14.

Posté par JennyPOETESSE à 17:32 - MALADIES - SYNDROMES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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