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27 novembre 2009

Les articulations en souffrance

Les articulations en souffrance

Associée à diverses maladies, l'arthrite est une inflammation des articulations. Définition, symptômes, causes, traitements et prévention.

squelette_en_souffranceD'après les personnes touchées, l'arthrite se manifeste au début par une gêne articulaire à laquelle on ne prête pas forcément attention. Puis, au fur et à mesure que la maladie gagne du terrain, certaines activités comme la marche ou la conduite peuvent devenir très douloureuses voire impossibles. Genoux, doigts, hanche ou même colonne vertébrale: l'arthrite s'attaque à toutes les articulations. Elle frappe également toutes les catégories d'âge; les personnes âgées ne constituent pas la seule population à risque.

Pour nous en dire plus sur cette maladie, nous avons interrogé le docteur Pierre-Alain Buchard, spécialiste en rhumatologie à la Clinique romande de réadaptation de Sion.

Quelle est votre définition de l'arthrite?

Une articulation correspond à la zone de jonction entre deux os. Il en existe différents types, classés selon leur mobilité et selon les cartilages qui les constituent. Lorsqu'une articulation est enflammée, on parle d'arthrite. En médecine, le suffixe -ite désigne une inflammation: une arthrite est donc l'atteinte inflammatoire d'une articulation.

Existe-t-il différentes formes d'arthrite?

Oui, il en existe des formes innombrables; la classification est devenue plus compliquée à mesure que la médecine progressait. On classe les arthrites en fonction de leur origine, connue ou présumée. Une arthrite peut résulter d'un trouble métabolique: l'exemple le plus courant est celui de la goutte qui est liée à un excès d'acide urique. Une arthrite peut être d'origine infectieuse, le germe se situant soit dans l'articulation elle-même, soit à distance, par exemple dans l'intestin: on parle alors d'arthrite réactionnelle. Enfin, l'arthrite peut être induite par des phénomènes immunologiques complexes, le patient développant des anticorps contre ses propres organes. L'arthrite ne constitue dans ce cas que l'une des facettes d'une maladie qui peut toucher en parallèle la peau, les reins, les poumons, etc. On parle alors de maladie systémique.

Quelles sont les articulations les plus touchées?

Ce sont les articulations périphériques, c'est-à-dire celles des membres, qui motivent le plus de consultations. Elles sont bordées d'une membrane qui, lorsqu'elle est irritée, peut enfler et sécréter un liquide dit synovial. Cependant, toutes les articulations peuvent être touchées, y compris celles de la colonne vertébrale et de la paroi thoracique. Le patient peut se présenter avec une seule articulation atteinte; on parle alors de monoarthrite. Certaines localisations sont typiques d'un diagnostic: l'atteinte du gros orteil est par exemple spécifique de la goutte. Lorsque plusieurs articulations sont touchées simultanément, on parle soit d'oligoarthrite (4 articulations ou moins), soit de polyarthrite (plus de 4). L'atteinte peut être soit symétrique, comme les petites articulations des doigts dans la polyarthrite rhumatoïde, soit asymétrique (un genou d'un côté, une cheville de l'autre) comme dans l'arthrite associée au psoriasis.

Quels sont les principaux symptômes de l'arthrite?

La douleur en est la principale manifestation, mais elle n'est pas suffisante. D'autres signes sont nécessaires pour qu'on puisse parler d'arthrite: un gonflement, une rougeur, la chaleur ou une limitation de la mobilité.

La définition de l'arthrite comporte donc un aspect subjectif, la douleur, et des signes objectifs, constatables par un médecin. Si la douleur est le seul symptôme présent, on parle d'arthralgie. L'état douloureux diffus, qu'on appelait autrefois fibrosite, a vu son appellation transformée en fibromyalgie parce qu'on n'observe pas d'inflammation dans ce cas. L'arthrite doit également être distinguée d'autres formes d'atteinte articulaire résultant d'un traumatisme par exemple, ou d'une usure comme l'arthrose.

Quelles sont les causes de l'arthrite?

Si la médecine a accompli d'énormes progrès dans la compréhension des mécanismes qui déclenchent l'arthrite, les causes précises restent souvent inconnues. Un principe est simple: plus l'arthrite est aiguë, plus l'on a de chance d'en découvrir l'origine. C'est le cas des arthrites microcristallines: l'acide urique par exemple se trouve sous forme soluble dans le corps. Dans différentes circonstances, son taux atteint un seuil de saturation et l'acide urique précipite, c'est-à-dire qu'il forme des cristaux qui eux-mêmes provoquent l'arthrite.

Au-delà de six semaines, on parle d'arthrite chronique et dans la plupart des cas, l'origine n'est pas élucidée. On doit alors se contenter de classer l'arthrite, ce qui est très utile pour décider du traitement. C'est par exemple le cas de la polyarthrite rhumatoïde, une maladie fréquente dont on ne connaît pas la cause exacte mais qu'on a appris malgré tout à traiter.

Existe-t-il des personnes à risque, respectivement des prédispositions génétiques ou autres?

Dans l'esprit de beaucoup de gens, l'arthrite est réservée aux personnes âgées. En réalité, l'arthrite touche toutes les catégories d'âge: avant 16 ans, on parle d'arthrite juvénile.

De nombreux indices permettent de penser que des facteurs génétiques interviennent dans le développement de l'arthrite: l'inégalité de répartition selon la race ou le sexe, l'association de l'arthrite à des maladies génétiques bien répertoriées comme l'hémochromatose. Le meilleur exemple d'association d'une maladie rhumatismale à un gène précis est la spondylarthrite ankylosante, (appelée maladie de Bechterew en Suisse). La découverte de cette association remonte aux années 70: le gène en question, le HLA B27, ne déclenche pas forcément une arthrite; il est très répandu dans la population générale. Aussi, si son identification a un certain intérêt sur le plan diagnostic lorsqu'il existe un doute, son dépistage n'en revêt aucun chez des sujets asymptomatiques.

Quelles sont ses conséquences ?

Là encore, les conséquences dépendent du type d'arthrite. La crise de goutte guérit la plupart du temps en quelques jours sans laisser de séquelles. La destruction articulaire est l'apanage des maladies chroniques, comme la polyarthrite. A long terme, l'arthrite, quelle qu'en soit la forme, peut engendrer des handicaps considérables: l'enraidissement des membres ou du rachis peuvent limiter la mobilité et l'autonomie dans les activités les plus simples. On rencontre maintenant de moins en moins de rhumatisme déformant, vraisemblablement grâce aux traitements efficaces dont on dispose depuis quelques années.

Quels sont ces traitements? Deux révolutions thérapeutiques ont transformé la prise en soins de l'arthrite. Dès 1950, la cortisone a permis de soulager les patients comme jamais auparavant. Hélas, son efficacité est transitoire et son utilisation sur la durée se complique de nombreux effets indésirables. C'est pourquoi la cortisone a si mauvaise presse dans la population. Administrée à basse dose ou dans des situations aiguës, elle est bien tolérée. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont évidemment des médicaments de première ligne, mais souvent dépassés lorsque la maladie devient chronique.

Dans le registre des traitements de fond, on a dû pendant longtemps se contenter de médicaments développés dans d'autres domaines de la médecine et qui ont montré par hasard une efficacité dans l'arthrite: le modèle en est le méthotrexate, utilisé initialement dans la chimiothérapie anti-cancéreuse, et qui s'est imposé de façon empirique en rhumatologie.

A l'aube des années 2000 sont apparus les traitements dits biologiques qui ont transformé la vie et le pronostic des patients. Il s'agit de molécules complexes qui bloquent une des étapes du processus inflammatoire. Leur mode de fabrication fait appel non plus à la chimie mais au génie génétique. Pour cette raison, leur coût est très élevé (plus de 20 000 francs par an et par patient) et leur utilisation est réservée aux formes les plus graves.

Source

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30 mars 2009

la spondylarthrite ankylosante

Rhumatismes : comment se manifeste la spondylarthrite ankylosante ?

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Des douleurs chroniques rhumatismales inflammatoires dans le bas du dos chez un adulte jeune d'une trentaine d'années doivent faire penser à une spondylarthrite ankylosante. Quels sont les symptômes caractéristiques de cette maladie et les conseils d'hygiène de vie

La spondylarthrite ankylosante est une maladie rhumatismale inflammatoire de la colonne vertébrale et du bassin. Elle touche deux fois plus les hommes que les femmes et préférentiellement des adultes jeunes, souvent avant l'âge de 30 ans. Elle est liée à la présence d'un gène, faisant de cette maladie une pathologie héréditaire dans 90% des cas.

Quelles sont les principales manifestations de la spondylarthrite ankylosante ?

Plusieurs types de symptômes s'associent :

  • Une douleur chronique inflammatoire dans le bas du dos. Cette douleur peut survenir d'un seul côté ou des deux côtés du dos, voire irradier à l'arrière des cuisses. Elle est généralement calmée par l'activité et accentuée par le repos. Elle survient classiquement dans la 2e partie de la nuit et réveille le patient.

  • Des talalgies ou douleurs dans les talons. Là encore, elles sont accentuées par le repos.

  • Un enraidissement articulaire du rachis et de la colonne vertébrale, qui tend à s'étendre à d'autres articulations, notamment au niveau des membres inférieurs, et qui est à l'origine des difficultés matinales de type déverrouillage articulaire matinal.

  • La maladie peut aussi toucher de nombreux autres organes et se manifester par une uvéite (œil rouge), un psoriasis, une maladie inflammatoire des intestins (dont la maladie de Crohn), des affections cardiaques, etc. 

    Le traitement de première intention repose sur la prescription d'anti-inflammatoires et d'immunomodulateurs TNF alpha. L'activité physique est ensuite recommandée afin de lutter contre les douleurs et les enraidissements : gymnastique, kinésithérapie…

    Par ailleurs, il existe des conseils d'hygiène de vie qu'il est préférable de respecter.

Conseils d'hygiène de vie

Eviter l'humidité.

Ne pas porter de charges lourdes.

Eviter la surcharge de travail.

Eviter les postes de travail avec station prolongée.

Eviter les oreillers volumineux.

Eviter les sièges bas.

Lors du repos, sur le canapé ou au lit, ne pas adopter la position sur le côté ou en chien de fusil.

Alternez les positions couchées, à plat ventre et à plat sur le dos.

Pratiquer plusieurs fois par jour les postures enseignées par le kinésithérapeute favorisant les positions en extension du corps et la mobilisation des articulations ankylosées.

FMC le Quotidien du médecin, 16 mars 2009 ; Mc Veigh C. et coll., BMJ, 333 : 581-5, 2006 ; Braun J. et coll., Lancet, 369 : 1379-90, 2007.

Pour en savoir plus

Fédération nationale des associations contre la spondylarthrite ankylosante et les spondylarthropathies : acsac.france.free.fr
Association française des spondylarthritiques : www.spondylarthrite.org
Association de lutte contre les spondylarthropathies : asso.orpha.net
 

Source

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Posté par JennyPOETESSE à 21:54 - la spondylarthrite ankylosante - Commentaires [2] - Permalien [#]
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