05 juin 2009
LOI HÔPITAL
ACHAT D’ALCOOL
les jeunes devront justifier de leur âge
Les
débats autour du projet de loi Hôpital, patients, santé, territoires
abordaient vendredi 5 juin plusieurs aspects de la politique de
prévention et de santé publique à l’égard des jeunes et, en
particulier, la vente d’alcool au public jeune. Désormais les
commerçants seront en droit de demander à l’acheteur justification de
son âge « par un document officiel », c’est-à-dire une pièce
d’identité.
En préalable, plusieurs parlementaires ont mis en avant la montée des comportements à risques chez les jeunes, traduisant le développement d’un véritable problème de santé publique et mentale. Quelle prévention et quel dépistage précoce pour ces troubles psychiques chez les jeunes ? Que fait-on en matière de santé scolaire ? Quelle offre de soins propose-t-on au public jeune ? « Les jeunes ne sont pas dépendants à l’alcool ou au tabac simplement par ce qu’on les y encourage » a déclaré l’un des parlementaires, « il faudrait aussi chercher à comprendre les difficultés voire les drames auxquels certains jeunes sont confrontés ». L’offre de soins en regard de ce nouveau problème de santé publique a été jugée insuffisante.
Les jeunes consomment pourtant de plus en plus, plus de la moitié des jeunes déclarent avoir déjà bu 5 verres ou plus d’alcool dur en une soirée, le nombre d’hospitalisations de jeunes pour ivresse a été multiplié par 4 en 5 ans, 70 % des garçons déclarent avoir déjà bu jusqu’à l’ivresse, en une année (de 2002 à 2003), l’augmentation de la consommation des jeunes avoisinerait les 10%…
La très forte tendance à l’augmentation de la consommation d’alcool par les jeunes a été rappelée au Sénat, avec ses nouvelles pratiques telles que le binge drinking ou le speed drinking mais également sous l’influence des incitations d’une nouvelle offre plutôt récente de produits alcoolisés comme les premix, lancés depuis 1996 ou les alcopops (2 millions de litres vendus en 2003, consommation multipliée par 10 en 2004). L’augmentation de prix appliquée à ces différents produits n’a pas modifié la tendance. Les pratiques de certains alcooliers ont également été mises en accusation telles que l’organisation de réunions festives où les échantillons d’alcool sont fournis gratuitement, l’animation prise en charge par le fabricant, des réductions offertes, en bref beaucoup est fait par les industriels pour initier les jeunes aux alcools durs.
La ministre de la santé Roselyne Bachelot a souhaité répondre en présentant une stratégie en 3 points, interdiction, prévention et information, prise en charge et a souhaité recadrer le débat en reprécisant qu’une loi n’intègre que les mesures de prohibition. « Ces mesures ne constituent pas l’essentiel des mesures prises par l’Etat pour lutter contre l’alcoolisme des jeunes » : Consultation de prévention mise en place pour détecter des comportements addictifs, élaboration de référentiels avec les professionnels de santé, accueil dans des centres spécialisés, campagnes de santé publiques réalisées par l’INPES et rénovées pour correspondre à ces nouveaux modes de consommation, le Ministre a souhaité se défendre d’une politique réduite à l’interdiction.
Autant de justifications pour voter cet amendement qui désormais prévoit que le commerçant peut exiger, en cas de vente d’alcool, que le client fasse la preuve de son âge par un document officiel, c’est-à-dire une pièce d’identité. Jusqu’alors cette possibilité n’était ouverte au commerçant que dans le cas d’un règlement par chèque.
Source : Sénat- Séance du 6 juin-Loi HPST
( Vignette et visuel INPES : http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1123.pdf)
05 décembre 2008
Une «cuite» de temps à autre augmenterait???
Une «cuite» de temps à autre augmenterait le risque d’infarctus

Les études sont formelles : boire jusqu’à 2 verres d’alcool par jour a des bienfaits pour la santé et protège des maladies cardiovasculaires. Et si je ne bois pas de la semaine et que je garde mes 14 verres pour le samedi, ça marche aussi ? Non, ça ne marche pas ! C’est même l’effet inverse qui se produit : une augmentation du risque d’infarctus.
Le docteur Laura Sundell et ses collègues de l’Institut national de santé publique d’Helsinki ont suivi près de 16.000 adultes âgés de 25 à 64 ans dont ils ont surveillé la consommation d’alcool. Les chercheurs ont ainsi défini différentes catégories de buveurs : les gros buveurs qui consomment près de 30 verres par semaine pour les hommes et près de 17 verres par semaine pour les femmes mais aussi les « cuitards », définis comme ceux à qui il arrive de boire plus de 6 verres d’un coup pour un homme et 4 verres d’un coup pour une femme.
Pendant 10 ans les
chercheurs ont surveillé l’état de santé des volontaires, notamment
leur santé cardiovasculaire. Les auteurs se sont alors aperçus que ceux
qui prenaient des cuites avaient près de 40 % de risque en plus de
souffrir d’un infarctus par rapport à ceux qui ne prenaient jamais de
cuite, et ce même à consommation globale d’alcool égale.
Les chercheurs soulignent
que même ceux qui prennent rarement des cuites voient leur risque
d’infarctus augmenter. Pourquoi une consommation massive et rapide
d’alcool augmente-t-elle le risque d’infarctus ? La réponse n’est pas
encore très claire mais les chercheurs soulignent qu’une telle
consommation augmente la pression sanguine et les troubles du rythme
cardiaque.
Source

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19 mai 2008
Le « vrai » Red Bull autorisé en France
Le « vrai » Red Bull autorisé en France : une défaite pour le principe de précaution ?
C’est la fin d’un bras de fer avec les autorités françaises qui dure depuis près de 14 ans. Jusque-là interdite dans notre pays pour des raisons de santé publique, la boisson énergétique Red Bull contenant de la taurine -et non de l’arginine- est désormais autorisée. Et fait inattendu, le feu vert a été donné par Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi.
Publiée ce matin dans les colonnes du Figaro, l’information nous a été confirmée à la fois par les collaborateurs de Christine Lagarde et par la société Red Bull. Un protocole a été signé vendredi par les deux parties, stipulant l’autorisation de commercialiser le Red Bull à la taurine en France.
Cette décision a été prise « en concertation interministérielle, avec des représentants du ministère de la Santé », nous assure-t-on à Bercy. « Le ministère de la Santé a bien été sollicité » rétorque Géraldine Dalban-Moreynas, collaboratrice de Roselyne Bachelot. « Mais par mesure de précaution, nous avons émis un avis réservé ».
L’argument de santé publique n’a donc pas convaincu. Il se base pourtant sur trois avis émis par l’Agence française de Sécurité sanitaire des Aliments (AFSSA) au cours des cinq dernières années. Dans ceux du 5 mai 2003 et du 30 janvier 2006, l’Agence soulignait notamment que « les données expérimentales toxicologiques ne permettent pas de se prononcer sur l’innocuité » du produit. « Elles apportent à contrario des éléments de suspicion de toxicité rénale pour la D-glucuranolone, et d’effets neuro-comportementaux indésirables de la taurine. L’effet de la taurine sur la glande thyroïde mériterait aussi d’être approfondi ».
Boisson déconseillée aux enfants et aux femmes enceintes
Dans son dernier avis, en date du 9 novembre 2006, l’AFSSA ajoutait que dans « certaines situations d’emploi de la boisson (activité sportive, prise concomitante d’alcool) sont associées d’une part à un risque cardiovasculaire à l’exercice, et d’autre part à un risque de perception amoindrie des effets liés à l’alcool ». Depuis ? « Nous n’avons pas émis de nouvel avis sur le sujet » nous a-ton expliqué à l’AFSSA. « Nous n’avons pas été sollicités ».
Très modeste victoire pour la santé publique : « C’est nous qui avons demandé que des avertissements spécifiques soient affichés sur les canettes ». ajoute Géraldine Dalban-Moreynas. « Des plaquettes d’information seront également distribuées » .
Les canettes de la boisson énergétique devront ainsi porter les mentions suivantes : Déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes » et « A consommer avec modération ». Le Red Bull à la taurine va donc progressivement remplacer la version à l’arginine, autorisée depuis le 2 avril. Cette dernière « ne sera plus importée en France à partir du 15 juillet », précise enfin le service communication de la société autrichienne.
Source : Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, 19 mai 2008 – Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, 19 mai 2008, AFSSA, 19 mai 2008 - Red Bull, 19 mai 2008
28 mars 2007
Comment vivre avec un alcoolique ?
| La
famille, les proches d'une personne en proie à des problèmes d'alcool,
se sentent bien souvent démunies face à une telle dépendance et ses
conséquences. Comment réagir ? |
![]() |
| Michel Craplet |
| Psychiatre et alcoologue. Il est également l'auteur de “Passion alcool”. |
| Pourquoi l'entourage souffre-t-il également ? | |||
| L'alcoolisme
est un drame pour la personne concernée, mais également pour ses
proches qui se retrouvent, bien malgré eux, entraînés dans cette
spirale infernale. Ils subissent eux aussi les conséquences médicales
et sociales de cette dépendance. | |||
| Quelle attitude adopter ? | |||
| En
règle générale, les proches n'ont qu'une envie : aider celui qui sombre
dans l'alcool à en sortir. Mais en dépit de toute leur bonne volonté,
ils adoptent bien souvent une attitude qui est plus nocive qu'efficace.
Conseils, moralisation, jugements, menaces, chantages, mesures
coercitives telles que jeter toutes les bouteilles... ne feront
qu'entraîner une exacerbation des habitudes du buveur ou de la buveuse. | |||
| Est-ce une bonne chose pour la famille de se faire aider ? | |||
| Ce
que vivent les proches d'une personne alcoolique est souvent très
douloureux. Il faut qu'ils aient un endroit où déverser leur
souffrance, où ils puissent exprimer leur peine, leur rancœur, leurs
incertitudes, leurs colères. | |||
Livres :
• “Passion alcool” de Michel Craplet
• “Se libérer de ses dépendances” de P. Senk et F. de Gravelaine
12 décembre 2006
L’alcool tue encore trop en France
5000 personnes meurent chaque année des conséquences de l’alcool
La journée de clôture des
Etats généraux de l'alcool a lieu aujourd’hui à la Grande Arche de la
Défense à Paris. L’occasion pour LJS.com de rappeler quelques données
concernant l’alcool.
Les études montrent qu’à
petite dose, l’alcool est bénéfique contre les maladies
cardio-vasculaires. Mais consommé en excès, c’est-à-dire plus de 3
verres par jour chez les hommes et 2 verres par jour chez les femmes,
l’alcool est un facteur de risque de mortalité très important. Avec 45
000 décès chaque année, ce serait la deuxième cause de mortalité
évitable après le tabagisme. « Notre pays connaît la surmortalité
masculine liée à l’alcool la plus élevée d’Europe, de 30% supérieure à
la moyenne des pays de l’Union » a déclaré Xavier Bertrand, le ministre de la santé.
Cancer de la bouche, de la
gorge, de l’œsophage, du foie, du sein, maladies cardio-vasculaires,
maladies du foie (cirrhose) et accidents de la route sont les
principales causes des décès imputables à l’alcool soit 14% des décès
masculins et 3% des décès féminins. Et ce n’est pas tout puisque 5
millions de personnes auraient des problèmes médicaux, psychologiques
ou sociaux liés l’alcool et entre 2 et 3 millions en seraient
dépendants.
L’alcool n’est pas qu’un problème d’adulte puisque consommé durant la
grossesse, il est responsable du « syndrome d’alcoolisation fœtale »
(SAF) qui toucherait entre 700 et 3000 enfants sur 750 000 naissances.
Les enfants atteints de SAF souffrent d’anomalies faciales, de retards
de croissance et de déficit intellectuel. C’est la première cause non
génétique de handicap mental chez l’enfant.
Par ailleurs, la
consommation d’alcool augmente chez les jeunes. En 2003, les jeunes
garçons de 17 ans étaient 21,3% à consommer régulièrement de l’alcool
contre seulement 16% en 2000. Quant à elles, les jeunes filles étaient
7,5% en 2003 contre 5,5% en 2000.
Les Français occupent la
11ème place mondiale des plus gros consommateurs d’alcool et la 2ème
place des plus gros consommateurs de vin qui reste la boisson la plus
consommée (60% des différents types d’alcools).
Pourtant la consommation
baisse depuis 40 ans. Entre 1961 et 2003, elle est passée de 17,7 à 9,3
litres d’alcool pur par an et par habitant. La part du budget alcool
dans les ménages représente aujourd’hui 8,9% contre 12,4% en 1960.
Source : © LeJournalSanté.com
19 octobre 2006
Etats généraux sur l’alcool
Etats généraux sur l’alcool : les débats en région
Les Etats généraux sur l’alcool se déroulent en régions durant les mois de septembre à novembre. Pour y participer, vous pouvez vous inscrire sur le site internet dédié à l’évènement.
Ces Etats généraux visent à informer le citoyen et à ouvrir le débat avant la redéfinition d’une politique de santé par les pouvoirs publics. Des fiches d’information sont ainsi disponibles en ligne sur les enjeux sanitaires, économiques et sociaux liés à la consommation d’alcool (alcool et cancer, alcool et sécurité routière, alcool et violence...).
La synthèse nationale des Etats généraux élaborée sous l’autorité du Comité national d’orientation, sera remise au ministre de la santé et des solidarités le 5 décembre et rendue publique sur internet. Cette restitution prendra en compte les synthèses provenant des 26 débats publics en région ainsi que les discussions sur les forums thématiques du site Internet.
Sites internet publics sélectionnés
- Site des Etats généraux sur l’alcool
- Rapport sur la perspective d’organisation d’Etats généraux de la lutte contre l’alcoolisme
Bibliothèque des rapports publics - La Documentation française
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054004445/index (...)
- Loi relative à la politique de santé publique
Panorama des lois - Vie-publique.fr
http://www.vie-publique.fr/actualite/panorama/texte-vote/loi-relative-p (...)
- La Loi relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme : rapport d’évaluation
Bibliothèque des rapports publics - La Documentation françai
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/004000708/index (...)
© La Documentation française
18 octobre 2006
Des Etats généraux contre l’alcool
Les Etats généraux de l’alcool, lancés cette semaine, se dérouleront
jusqu’au 5 décembre avec un rendez-vous national. entre temps, des
débats et forums auront lieu dans chaque région à l’initiative des
Directions régionales des affaires sanitaires et sociales (Drass).
Six thèmes ont été choisis pour les débats : alcool et modes de
vie ; alcool, travail et emploi ; alcool et publics sensibles ; alcool
et situations à risques ; alcool et inégalités ; alcool et violence
Ce débat national, organisé par le ministère de la Santé et l’Institut
national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) vise à
« associer l’ensemble de la société » à « la refondation d’une
politique de santé publique » sur l’alcool.
Pour mémoire, l’alcool est responsable de 45 000 morts
par an en France. Il est facteur direct ou associé dans diverses
maladies (cancers, maladies cardiovasculaires, maladies digestives) et
participe largement au sinistre bilan des accidents de la route. Il est
aussi responsable de l’apparition de certains troubles mentaux et
provoque ou aggrave les comportements violents, notamment au sein de la
famille.
La consommation d’alcool recule cependant constamment en France
depuis 40 ans. Ainsi, entre 1961 et 2003, la consommation d’alcool a
diminué de 47,5 % et la France ne se situe plus qu’au 11e rang mondial
avec un peu plus de 9 litres d’alcool pur par an et par habitant.
Qu’adviendra-t-il de ces Etats généraux ? L’histoire
récente a montré combien il restait difficile de lutter contre la
consommation d’alcool dans notre pays.
Car le secteur pèse lourd : 190 000 emplois pour la seule
production vinicole ; un chiffre d’affaires de 13 milliards d’euros
pour l’ensemble du secteur des alcools ; 250 millions d’euros par an en
publicité...
Un site spécifique pour ces Etats généraux, comportant un forum et des fiches d’information grand public a déjà été ouvert et offre une multitude d’informations.
Le site de l’Inpes :
www.inpes.sante.fr/
Le site des Etats généraux :
www.etatsgenerauxalcool.fr
Les lieux et les thèmes des débats régionaux :
www.etatsgenerauxalcool.fr/carte.php
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08 octobre 2006
Trop d'alcool dans les grandes écoles

Dix pour cent des élèves d'écoles de
ommerce et d'ingénieurs
consomment
de l'alcool trois à quatre fois par semaine,
contre 6% en
moyenne.
Ils dirigeront demain les plus grandes entreprises du pays. Mais pour l'instant, les étudiants aiment faire la fête... et boire.
LE JEUDI soir, c'est Open Bar à Jouy-en-Josas, sur le campus d'HEC. À
Paris, pas un étudiant d'école de commerce qui ne connaisse ces soirées
mythiques qui rassemblent entre 500 et 2 000 jeunes. La future élite
des affaires a la réputation de savoir recevoir : les nuits sont
longues, fort arrosées et jamais très onéreuses. «Si
l'on achète un droit d'entrée et un billet aller-retour en navette
depuis Paris, ça coûte au maximum 15 euros. Avec ça, vous pouvez boire
jusqu'à plus soif car ces fêtes sont avant tout des mégabeuveries», explique une habituée, étudiante à l'ESCP-EAP, une autre école de commerce parisienne.
«Je n'ai jamais vu de gens se lâcher à ce point, raconte Barbara Duvauchelle, autre adepte de ces soirées HEC jusqu'en 2005. Ce sont de véritables orgies avec vomissements à répétition. Il faut dire que des pizzas à l'alcool, tout est sponsorisé.»
Baptisée «Le retour du Jeudi», par allusion au film Le retour du Jedi, la soirée de rentrée a eu lieu le 28 septembre. Elle aurait été à la hauteur de sa réputation : deux étudiants seraient tombés dans un coma éthylique. Le bureau des élèves (BDE) dément ces excès mais reconnaît que l'alcool est un sujet de tension récurrent entre étudiants et direction. «Il y a une pression de la direction pour limiter l'usage de l'alcool sur le campus», dit un de ses membres. Le BDE a toutefois accepté de signer une charte avec la direction pour lutter contre les abus.
Il y a de quoi faire. Car un bon BDE est un BDE qui sait organiser des fêtes, voire distribuer de l'alcool gratuitement. C'est même un argument de campagne pour se faire élire. Résultat ? Selon une enquête menée l'an dernier par la LMDE (La mutuelle des étudiants) auprès de plus de 9 000 étudiants, les élèves d'écoles de commerce et d'ingénieurs sont les champions toutes catégories de la consommation d'alcool. Ils sont 10% à consommer de l'alcool trois à quatre fois par semaine contre 6% en moyenne. Les étudiants en médecine, pourtant fiers d'afficher leurs comas éthyliques, sont 23% à boire de l'alcool au moins une fois par semaine, ceux des grandes écoles sont 45,4% !
Pour Michael Delafosse, président de la LMDE, «Il est urgent de contrer les entreprises qui, à coup de marketing, font succomber les étudiants et portent atteinte à leur santé.» L'enquête met en évidence la croissance des «premix», ces boissons sucrées très alcoolisées, dont la consommation, encouragée par la publicité et les gadgets, menace leur santé.
Les alcooliers sont très présents dans les soirées : ils financent gobelets, doseurs, gadgets, échantillons-tests et surtout, offrent d'importantes remises sur les bouteilles. «Nous appliquons et respectons la loi», plaide Alexis Capitant, directeur général de l'association Entreprises et Prévention, qui représente les intérêts de 19 entreprises du secteur (Pernod-Ricard, Bacardi-Martini, Brasseries Kronembourg, Rémy Cointreau, Heineken...) et finance bien des festivités.
60 000 fêtes étudiantes chaque année
Selon lui, il y a 60 000 fêtes étudiantes chaque année, dont 20 000 sont organisées par les grandes écoles. Parmi elles, 500 seraient parrainées par des marques. «Pernod-Ricard ne sponsorise pas directement les soirées sur le campus d'HEC : c'est interdit par la loi puisque l'école n'est pas un débit de boisson», explique Alexis Capitant. Mais ce lobbyste reconnaît que des accords sont trouvés avec certains bureaux des élèves sous forme de contrats commerciaux similaires à ceux signés avec les brasseurs, avec des remises de 10 à 15%.
Dans les fêtes organisées en discothèque, le sponsoring aussi bat son plein. «Là, nous ne sommes plus sur un campus, une discothèque dispose des licences nécessaires», commente Alexis Capitant, qui assure que ces opérations commerciales sont assorties d'«actions de prévention» et de distribution d'éthylotests. Car les fabricants d'alcool veulent à tout prix éviter de graves débordements qui seraient désastreux pour leur image. «En fait, ces entreprises aident les jeunes à boire proprement», grince un dirigeant d'une école de commerce de province.
Pour tenter d'agir en profondeur, l'EM-Lyon implique les associations d'étudiants. «Quand la direction menace ou interdit, ça ne sert pas à grand chose, explique la direction, quand c'est le conseil de la corporation, les choses changent.» À l'ESCP-EAP, la direction est parvenue à imposer des doseurs sur les bouteilles, «pour éviter les rations énormes»...
Le phénomène est en tout cas pris au sérieux par les députés qui ont créé une mission parlementaire sur la santé des étudiants et ont l'intention de consacrer une large part de leurs travaux aux problèmes d'alcool. Afin, selon le président de la mission, l'UMP Laurent Wauquiez, de «ne plus laisser faire n'importe quoi».
27 septembre 2006
Alcool - La dose optimale d'alcool pour la santé ?
1 à 7 verres par semaine, pas plus !
On entend souvent dire que 2 ou 3 verres d'alcool par jour, c'est bon pour la santé. C'est faux. A cette dose-là, c'est le début des ennuis. Alors quelle est la bonne dose d'alcool, celle qui est bonne pour la santé ? 1 à 7 verres par semaine… Autant le savoir !
Existe-t-il une dose d’alcool idéale ?
|
Rien n’est plus difficile que de trouver la bonne réponse à cette question : si on aime boire de l’alcool, du vin par exemple, quelle est la dose optimale qui permet de ne tirer que des bénéfices pour sa santé ?
On entend souvent dire que 2 à 3 verres d’alcool
par jour sont bons. En fait, on ne retrouve pas cette affirmation dans
les études. C’est ce constat que les Drs Philippe Presles et Catherine
Solano ont fait dans leur livre « Prévenir (Alzheimer, cancers,
infarctus et vivre en forme plus longtemps) ». C’est ce même résultat
qu’une équipe américaine vient de découvrir à partir d’une étude ayant
concerné des hommes et des femmes âgés de 70 à 79 ans.
Par rapport à ceux qui ne buvaient pas du tout d’alcool,
ceux qui en consommaient entre 1 et 7 verres par semaine voyaient leur
mortalité globale diminuer de 26%. À l’opposé, ceux qui buvaient plus
de 7 verres d’alcool par semaine voyaient leur mortalité augmenter de 23%. La conclusion est claire : un peu d’alcool, même un verre par semaine, est bon pour la santé. Mais plus d’un verre par jour expose à des risques importants.
Avec l’alcool, modération et information
En lisant cet article, certains seront contents et d’autres mécontents…
Les plus contents seront les buveurs modérés, des femmes le plus
souvent, car en moyenne, elles ne boivent pas plus d’un verre d’alcool par jour. Banco !
Ceux
qui ne boivent pas du tout pourront être dépités… Faut-il que je me
mette à boire, ne serait-ce qu’un verre d’alcool par semaine ? La
réponse est non. Ceux qui commencent à boire modérément alors qu’ils
n’avaient jamais bu, ne voient pas leur risque diminuer vraiment. Ils
sont à très faible risque de toute façon.
Ceux qui boivent 2 à 3 verres d’alcool
par jour en se disant que c’est bon pour les artères pourront être
vindicatifs. Faut-il me considérer comme un buveur excessif ?
Certainement pas. Mais il est important d’être bien informé des risques
que l’on prend parfois sans s’en rendre compte. Car des solutions
existent, à commencer par faire de la prévention en consommant
davantage de fruits et légumes pour leurs vitamines et en faisant plus
d’exercice physique. Vous pouvez aussi faire régulièrement des cures de
poly-vitamines.
Quant à ceux qui boivent plus de 3 verres d’alcool par jour, ils ont vraiment intérêt à faire attention. Tout le monde est d’accord sur ce point !
En pratique, l’idéal est de réserver l’alcool
à une, deux ou trois occasions seulement par semaine, en ne dépassant
jamais 2 à 3 verres par jour. C’est avec ce mode de consommation que
plaisir rime avec santé…
A lire
« Prévenir – Alzheimer, cancers, infarctus et vivre en forme plus longtemps », Dr Philippe Presles et Dr Catherine Solano, Editions Robert Laffont, 2006.
Commander en ligne
Source
18 septembre 2006
Sortir de l’enfer de l’alcool
Quand la bouteille s’en mêle, c’est toute la famille
qui trinque. A Savièse (VS), parcours d’un homme qui a failli sombrer.
Mais qui a survécu à la maladie de l’alcoolisme. Témoignage.
Ils sont allés fêter au resto
leurs quinze ans de mariage. Germaine et Jean-Bernard Héritier. Elle,
douce, enveloppante comme une eau fleurie. Lui, 44 ans, tout en noir,
véritable roc saviésan, 90 kg de présence joviale. Ils ont trinqué.
Elle avec un verre de vin et lui avec de l’eau. C’est comme ça: depuis 1993, il
ne touche plus une goutte d’alcool. Abstinent en ces terres valaisannes
enracinées dans la culture du vin, parfaitement sobre au milieu des
vignes, dans ce quartier familial, où tout le monde se connaît et où
tout le monde est encaveur.
Sans fausse pudeur
Il a fermé le bouchon, définitivement. Après des
années de bagarre avec l’alcool. Avec lui-même. A cogner partout, sur
les autres, sur des tambours, et dans le vide. Il en parle comme il
écrit dans son livre: sans fausse pudeur, avec les tripes et la joie
vraie d’un ressuscité. Il raconte tout, sa première
cuite à 16 ans, son goût de la foire, les copains, une timidité noyée
au fond des verres. «A 20 ans, je supportais déjà de grosses quantités
d’alcool. J’étais rarement malade et j’avais besoin de peu de sommeil.»
Très vite, les
occasions de boire se sont multipliées. Des week-ends arrosés, il
glisse à la cuite quotidienne. Une lente descente dans la dépendance,
dont personne ne s’aperçoit. Même pas lui. Un long tunnel, «où tu ne te
rends pas compte que tu deviens abruti». Quand il se marie en 1991,
c’est l’embellie, avec la naissance de leur premier enfant. Quelques
mois de répit.
La douleur de l’épouse
Mais la bouteille n’est jamais loin. Sa femme commence à sentir le problème, mais sans mettre le doigt sur l’alcool: «Pour moi, l’alcoolique, c’était une loque, couchée par terre, incapable de rien faire. Je ne savais pas que l’alcoolisme pouvait avoir plusieurs formes.»
Lui, il continue d’aller au
boulot, de tenir sa casquette de contremaître sur les chantiers. Mais
il rentre de plus en plus souvent l’haleine trouble, le regard
ailleurs, chancelant d’agressivité. «On ne pouvait plus parler de rien.
Il critiquait tout. J’ai eu peur, je n’osais plus le laisser seul avec
notre fils, je n’avais plus confiance», se souvient Germaine Héritier.
Lui dire qu’il boit trop, mettre des ultimatums? Inutile. Il dégaine
toujours la même réponse: «Je n’ai tué personne.»
Jusqu’à 15 litres par jour
En 1993, le couple vit l’enfer. Bières, vin tiré au tonneau de la cave. «Je me levais et je buvais trois litres. En cinq minutes, c’était dans l’estomac!» Au pire de sa maladie, Jean-Bernard Héritier pouvait avaler jusqu’à quinze litres par jour. Masse d’homme accrochée à son goulot comme à une bouée. Boire et dormir. Rien d’autre. «Je ne me levais même plus pour manger. Je ne me réveillais que quand j’étais en manque. Et puis, un état dépressif s’installe. On boit pour oublier qu’on va mal.»
Germaine Héritier, comme la plupart des codépendants, protège alors son mari, joue les saint-bernard: «Oui, je l’ai couvert. Il m’est arrivé d’appeler son patron pour dire qu’il était malade. Je pensais bien faire.» Jamais, elle n’a appelé à l’aide.
L’alcool, comme une pierre, qui tire tout le monde au fond. En silence et dans la honte.
Jusqu’au jour,
où il a commencé à «voir passer des bêtes». Départ pour l’hôpital
psychiatrique et quatre semaines de sevrage, de souffrance physique.
«L’alcool m’avait démoli, plus rien ne fonctionnait. Mon corps ne
supportait même plus l’eau, tout ressortait.» Mais, peu à peu, il se
remet. Accepte un séjour à la Villa Flora à Sierre, institution
spécialisée dans les dépendances. Pour cinq semaines. «On nous a appris
à faire le deuil de l’alcool. A vivre sans.»
Une nouvelle vie commence
Quand il sort, le 11 janvier 1994, il sait qu’il a changé. Qu’il doit changer encore. «Au début, je m’étais mis un paquet d’interdits.» Finis les boîtes de nuit, les bars, les apéros. Même la fondue, il la prépare sans vin blanc.
Il s’est engagé en politique, s’est mis à la randonnée en montagne plusieurs fois par semaine. «Au début, il ramassait des fleurs en marchant. On en faisait des infusions», sourit son épouse. Pour elle, c’était presqu’un étranger qu’elle retrouvait à ses côtés: «Il a fallu nous réajuster l’un à l’autre, retrouver un lien. Mais ça nous a fait grandir ensemble.» Nouveau départ avec deux nouveaux garçons.
Guéri? «Non. J’aurai toujours cette maladie, mais je l’assume et je ne m’en cache pas.» Il a gardé ses passions intactes, le rock bourru, Johnny Hallyday. Les mêmes goûts, mais plus le même homme. Comme un dur à cuire qui aurait accepté ses failles ou un écorché qui aurait trouvé sa force.
Patricia Brambilla, Photo Pierre-Antoine Grisoni/Strates
A lire: «Un séjour en enfer»
de Jean-Bernard Héritier, Ed. Monographic 2002.
Fr. 9.90 / € 6.60
Où s’adresser?
ISPA, Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies à Lausanne.
Tél: 021 321 29 11.
Fondation Les Oliviers, Mont-sur-Lausanne. Institution pour personnes concernées par les problèmes d’alcool et autres dépendances.
Tél. 021 654 02 20.
www.oliviers.ch
Association Villa Flora à Sierre.
Centre de traitement de l’alcoolisme et structure d’accueil pour les
personnes en situation de co-dépendance.
Tél. 027 455 75 51.
www.infoset.ch/inst/villa_flora
Le Torry à Fribourg. Centre psycho-social spécialisé dans le traitement des dépendances en alcoologie.
Tél. 026 465 20 20 ou 026 460 88 22.
Centre Envol à Genève. Unité de la Fondation Phénix pour le traitement, la réinsertion sociale
et la réintégration professionnelle des personnes dépendantes.
Tél. 022
718 88 66
AL-ANON/Alateen, groupe d’entraide pour les proches et les enfants de personnes alcooliques.
Tél. 0848 848 833
Paroles d’expert
Claude Uehlinger, médecin
psychiatre, responsable de l’Unité de traitement des addictions à
Fribourg et auteur d’un ouvrage intitulé «Quand l’autre boit» aux Ed.
Anne Carrière. Face à une personne alcoolique, quelles sont les erreurs fréquentes de l’entourage?
Erreur
est un mot qui ne convient pas. Les personnes de l’entourage, que l’on
appelle codépendantes, sont prises dans cette affaire, puisque
l’alcoolisme est une maladie familiale. En croyant aider, les proches
mettent souvent en place des stratégies: vérification des bouteilles
bues, prise de responsabilité pour l’autre. Autant de mesures qui ne
servent pas à grand chose et qui finissent par enraciner le mécanisme
de la dépendance plutôt que de le déjouer.
Comment aider vraiment?
La
personne codépendante doit changer sa manière de voir les choses. Ne
plus se dire: comment changer l’autre, mais que puis-je faire pour
changer, moi? Il faut donc arrêter de contrôler, de prendre la
responsabilité à la place de l’autre, arrêter de le critiquer, de
l’infantiliser.
Autrement dit, pour aider, il ne faut rien faire?
Il
faut se décentrer du problème. Ça ne veut pas dire se désintéresser,
mais prendre de la distance. Je vous donne une image: quand vous êtes
ensablé dans une dune, vous pouvez continuer à mettre des gaz, vous
allez vous ensabler davantage. Le mieux est de sortir de la voiture.
Cette prise de conscience peut entraîner une réaction chez l’autre. Si
le partenaire fait un mouvement, la personne dépendante se sent moins
sur la défensive et pourra se déterminer différemment.
Quelles sont les chances de guérison?
Plus
il y a de tentatives d’arrêter, plus on capitalise d’expériences et
donc de chances de s’en sortir. En chiffres: le taux de rechute est de
40 à 60% après six mois. La rechute fait partie du processus qui mène
vers l’abstinence. Sur 1000 alcooliques, un tiers va modifier son
comportement, un tiers décède prématurément, un tiers reste dans la
même situation
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