20 mars 2007
En lutte contre l'illettrisme
L'illettrisme en France
On estime entre 10 et 14% le proportion de personnes âgées de 18 à 65 ans en difficulté de lecture en France (Insee). Ce augmente depuis une dizaine d'années.
On estime entre 10 et 14% le proportion de personnes âgées de 18 à 65 ans en difficulté de lecture en France (enquête Information et Vie Quotidienne de l'Insee). Ce "taux d'illettrisme" est beaucoup plus élevé que ceux des enquêtes de l'Insee d'il y a une dizaine d'années.
L'illettrisme touche toutes les populations.
Pour les personnes ayant appris à lire en français, ce taux est compris
entre 7 et 10%. Et pour les personnes ayant étudié dans une langue
étrangère, près de la moitié éprouvent des difficultés de lecture du
français.
Les hommes sont plus souvent en difficulté que les femmes : entre 11 et 16% contre 7 à 12% pour les femmes.
Enfin, les personnes les plus âgées sont plus souvent concernées que
les jeunes :13-20% pour les 50-65 ans contre 3-8% pour les moins de 30
ans.
L'enquête IVQ de l'Insee couvre d'autres domaines que celui de la
lecture, comme la production écrite, la compréhension orale et le
calcul. Elle montre que les personnes qui rencontrent des difficultés
de lecture ne sont pas tout à fait les mêmes que celles ayant des
problèmes de compréhension orale ou de difficultés en calcul. Il y a
des difficultés spécifiques au domaine de l'écrit.
L'illettrisme chez les jeunes se mesure aujourd'hui au moment des Journées d'Appel et de Préparation à la Défense (JAPD,
qui remplacent les anciens "trois jours"). Ainsi, en 2001, parmi les
611 000 jeunes qui s'y sont présenté, près de 23 000 (3,7%) ont été
repérés en grande difficulté par rapport à l'écrit. Parmi les problèmes
rencontrés figuraient l'orthographe, les problèmes psychologiques et
les problèmes liés à la dyslexie.
Définition de l'illettrisme :
"Situation d'une personne qui ne peut
comprendre seule une information disponible
sous une forme écrite, après avoir été
scolarisée au moins cinq années".
Pour en savoir plus
- L' ANLCI (Agence nationale de lutte contre l'illettrisme) :
créée en octobre 2000, l'agence a pour but de fédérer et optimiser les
moyens affectés par l'Etat, les collectivités territoriales et les
entreprises à la lutte contre l'illettrisme.
- France 5 : diffuse une série inédite en trois parties de 52' consacrée à l'illettrisme. "Vers une vie nouvelle..." suit au quotidien et pendant neuf mois cinq personnes au sein d'un centre de formation pour adultes.
Rédigé par Bruno Mathon
Source
En lutte contre l'illettrisme
Un projet pilote de réinsertion
"Savoirs pour réussir". Cette association
basée à Marseille a créé en septembre 2003 un centre de ressources et
d'orientation pour lutter contre l'illettrisme. En 2004, elle devrait
accueillir 150 jeunes en situation d'échec. Un projet pilote à
l'échelle nationale, soutenu par la Fondation Caisses d'Epargne pour la
solidarité.
Le dispositif. C'est au cours des Journées d'Appel et de Préparation à la Défense (JAPD, qui remplacent les "trois-jours") que les jeunes sont repérés. Au cours de cette journée, ils suivent en effet des tests mis au point par un professeur de linguistique, Alain Bentolila. Quand un jeune a fait plus d'un certain nombre de fautes, il est alors reçu en entretien individuel, où on lui propose de s'inscrire dans une Mission locale, ou de se réinscrire auprès des MGI (Mission générale d'insertion) de l'Education nationale. "On s'est aperçu que de nombreux jeunes ne s'y inscrivent pas, et se perdent dans la nature", explique Michèle Liman, éducatrice spécialisée et chef de projet de "Savoirs pour réussir".
Objectif : réinsertion. "Nous ne sommes pas un organisme de formation. Ce qui nous importe c'est de consolider le jeune, de le reconcilier avec la langue orale et écrite, pour le préparer à suivre une formation linguistique de base, et ensuite une formation professionnelle". Le but reste l'insertion. Mais pour l'amener à un emploi pérenne, l'association a pour objectif premier de le dégager de son traumatisme face à l'apprentissage. "L'illettrisme se traduit par une culpabilité et un rapport à l'échec trés fort, indique Michèle Liman. Ce n'est pas qu'une histoire de cognition. Il y a tout un environnement socio-éducatif qui va engendrer des stress psychiques".
Un parcours d'accompagnement. La prise en charge du jeune - sur la base du volontariat - passe par des tuteurs bénévoles. Leur mission : aider les jeunes à tous les niveaux de leur vie sociale, pendant une période de 12 à 18 mois. Plusieurs types d'interventions sont prévues via des tuteurs accompagnateurs et des activités diverses. Au cours de ces ateliers, les jeunes travaillent la langue en s'appuyant sur des choses qu'ils aiment. "Pour chacune des activités, les jeunes travaillent le rapport à la langue et à la spatialisation et au temps. Car souvent l'illettrisme se conjugue avec un manque de repères, dans les déplacements et dans le temps". Une fois prêts, les jeunes entreront en formation linguistique de base, tout en étant suivis par leurs tuteurs. "Ces ateliers sont un tremplin vers l'extérieur. Le but est de réussir à les inscrire dans des associations, et notamment pour les moins de 25 ans dans les Missions locales".
Pour en savoir plus
- Savoirs pour réussir
2, place François Mireur, Immeuble Communica 13001 Marseille
tel : 04 91 91 40 30 spr.pacr@wanadoo.fr
- Fondation Caisses d'Epargne pour la solidarité
76, boulevard Pasteur 75015 Paris
tel : 01 58 40 31 40
Rédigé par Bruno Mathon
