MON COMBAT CONTRE LA FYBROMYALGIE

Combattre l'injustice, les douleurs du monde et nos douleurs face à la maladie. La vie est un combat et malgré les maux, il nous faut avancer sur le chemin de notre destinée... CanalBlog © 2003 - 2009

19 mars 2009

L'alcool au féminin

L'alcool au féminin : un phénomène bien plus répandu qu'on ne veut le croire...

http://www.seventoons.com/images/products/parodie/parodie-alcool-femme.jpg
On en parle peu et pourtant les troubles liés à l'alcool sont de plus en plus fréquents chez les femmes. Par rapport aux hommes, les femmes sont plus vulnérables aux méfaits de l'alcool. Par ailleurs, on remarque que les contextes de consommation diffèrent.

Les femmes face à l'alcool

Les problèmes avec l'alcool sont trois fois plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. Mais l'alcoolisme au féminin (que les experts préfèrent désigner par troubles de l'alcoolisation) s'est amplifié au cours des vingt dernières années et il diffère sur de nombreux points des problèmes d'alcoolisation masculins.

Consommation excessive d'alcool : trois niveaux de conséquences et de risques

Tout d'abord, il faut savoir qu'il existe trois niveaux de mésusage de l'alcool. Le premier est représenté par l'usage à risque. Par exemple, boire de l'alcool régulièrement en quantité trop importante expose à des risques ultérieurs pour sa santé, mais aussi sociaux, familiaux et professionnels. Le deuxième niveau est une utilisation nocive de l'alcool, c'est-à-dire que les méfaits sont déjà visibles sur les relations, les activités sociales, sur l'organisme. Le troisième niveau est celui de l'alcoolodépendance, avec perte du contrôle de sa consommation.

Une plus grande vulnérabilité féminine aux méfaits de l'alcool

Chez les femmes, le deuxième niveau est plus facilement atteint, c'est-à-dire que l'usage devient plus rapidement nocif. A consommation égale, les dommages physiques et psychologiques sont plus importants que chez les hommes. Les femmes sont plus vulnérables aux effets de l'alcool et développent davantage de pathologies, notamment hépatiques. Mais il faut savoir que la récupération est rapide à l'arrêt de la consommation d'alcool.

Les hommes consomment dans un contexte social, les femmes dans un contexte anxio-dépressif

Une autre différence entre homme et femme est liée au contexte de consommation. Globalement, la consommation d'alcool chez les hommes a lieu dans un contexte social (du moins à l'origine). Chez les femmes, l'alcoolisation est davantage solitaire et s'inscrit dans un contexte anxio-dépressif. Le profil type serait celui d'une femme d'âge moyen, dont l'image d'elle-même n'est plus satisfaisante, bien insérée dans la société, mariée à un homme actif et souvent absent, dont les grands enfants viennent de quitter le foyer familial, et qui éprouve un sentiment d'abandon et d'inutilité.

Alors que chez l'homme la dépression est plutôt consécutive à la consommation d'alcool excessive, chez la femme c'est l'état anxio-dépressif qui favorise l'excès de boisson. Cette relation est renforcée par la perception beaucoup plus négative et intolérante de l'entourage face à la consommation d'alcool par une femme.

Malgré tout, les femmes sont proportionnellement beaucoup plus nombreuses que les hommes à consulter pour ce problème. Elles ont davantage conscience des méfaits de l'alcool sur tous les plans, physique, psychique et relationnel. Il est important de les encourager dans ce sens car les professionnels de santé peuvent leur apporter une aide intéressante.

Le Quotidien du médecin

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23 février 2009

SAF qui peut !

     SAF qui peut !

http://accel21.mettre-put-idata.over-blog.com/0/28/57/84/agora/zeroalcoolgrossesse.jpg

Avez-vous déjà entendu parler du Syndrome d'alcoolisation fœtale, plus couramment nommé SAF ? Rarement ! C'est la première cause de retard mental non génétique en France. Le point sur un sujet difficile...

Qu'est ce que le SAF ?

Le syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF), parfois désigné par le terme « embryofœtopathie alcoolique », est une intoxication alcoolique de l'embryon ou du fœtus dû à la consommation d'alcool de la mère pendant la grossesse et qui perturbe le développement des organes. Il peut se manifester par des malformations, des déficiences intellectuelles, d'autres troubles congénitaux, de l'hyperactivité, des comportements difficiles, un échec scolaire et des troubles de l'attention et de la concentration. Il entraîne souvent une modification des traits du visage.

A quelle dose d'alcool ce risque devient-il réel ?

La sévérité des dommages dépend de plusieurs variables, mais est notamment directement corrélée à la concentration d'alcool dans le sang maternel. Les spécialistes estiment aujourd'hui que le risque apparaît dès le premier verre : c'est la raison pour laquelle, pendant la grossesse, il faut maintenir une abstinence totale. En 2004, la sénatrice réunionnaise Anne-Marie Payet est à l'origine d'un amendement qui conduit à l'inscription d'un message de prévention sur l'ensemble des bouteilles d'alcool commercialisées en France, assorti d'un pictogramme.

Ces méfaits sont-ils suffisamment connus du grand public ?

17% des 15-24 ans, 13 % des 25-34 ans et 18 % des 35-49 ans ignoraient la recommandation d'abstinence durant une grossesse. En 2006, la campagne « Zéro alcool pendant la grossesse » associé à un pictogramme A permis de sensibiliser nombre de français, puisque 47 % des Français estiment que les risques pour le fœtus commencent dès le premier verre, contre seulement 25 % en novembre 2004. Mais ce qui signifie qu'une femme sur deux ne mesure pas encore le danger !

Quelques chiffres...

• Un femme sur six fume et boit pendant sa grossesse. Le retentissement fœtal est fréquent : 10 à 20% des fœtus exposés sont atteints.
•  Pendant la grossesse, 5 % des femmes consomment trois verres d'alcool en moyenne par jour.
• 4 à 12 enfants par 1000 naissances présenteront à des degrés divers des problèmes d'apprentissage et de comportement dus à l'alcool.
• En France, une expertise réalisée par l'Inserm en 2001 « Alcool, effets sur la santé » révèle que 700 à 3 000 enfants, sur les 750 000 naissances annuelles, seraient concernés par un SAF grave, avec une incidence plus élevée sur l'île de la Réunion, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Bretagne.
• 500 000 Français souffrent à des degrés divers des séquelles de l'alcoolisation fœtale
• Le quotient intellectuel des enfants atteints du SAF varie de 15 à 115 avec une moyenne de 67, soit une déficience légère.

En savoir plus...

• Site français :www.ortho-saf.com
• Site canadien :www.safera.qc.ca
• Association dans le Nord : ANPAA 59 : 03 28 36 47 02 (Mise à dispo d'une brochure spécifique « Prévenir 59 »)
• A lire : Dr Philippe Dehaene, pédiatre,  La grossesse et l'alcool (éditions PUF, Que sais-je ?)
• A lire : A sa santé ! Pour une prise de conscience des dangers de l'alcool pendant la grossesse, Dr. Maurice Titran et Laure Gratias, Albin Michel, collection : La cause des bébés.
2005, 215p.
• En parler : Société française de la Croix Bleue, sans alcool avec plaisir (groupes de paroles dans toute la France)www.croixbleue.fr ou 01 42 28 37 37.

« Journée internationale de sensibilisation à l'alcoolisation fœtale », le 9ème jour du 9ème mois, soit le 9 septembre. Initiée, en 1999, au Canada, cette journée est relayée aujourd'hui dans plusieurs pays, dont la France.

Source

http://www.petitmonde.com/cd_images/doc_11117a.jpg

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Une louve fibropensive & fibropoésies
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17 décembre 2008

A diffuser largement

A diffuser largement
http://www.cobrabrigade.com/images/redbull-and-vodka2.jpg=  Dangereux pour la santé !

C’était une soirée comme beaucoup d’autres. Des jeunes entre 20 et 30 ans se retrouvaient pour fêter un CDI et un diplôme.

Il y avait du Punch et un repas de prévu, un jeune homme de 26 ans avait apporté sa VODKA RED BULL (ce qu’il a bu lors de la soirée).

Vers 3 H du matin il est allé se coucher comme d’autres copains (il parlait bien et ne se plaignait de rien), des matelas étaient mis à disposition (Punch donc pas de conduite).

A 5 H quelques amis qui jouaient aux fléchettes en buvant Coca et Jus d’Orange, décidèrent d’aller réveiller 3 de leurs copains qui dormaient dans le salon (dont le jeune homme qui avait bu VODKA RED BULL).

A ce moment le cauchemar commence, leur ami était décédé. Incompréhension totale. Aussitôt on appelle les pompiers, ensuite la gendarmerie arrive, les jeunes soufflent dans l’Ethylotest, la plupart avaient 0° d’alcool, certains avaient fumé un peu d’herbe comme dans 80 % des soirées en France (bien sûr ce n’est pas bien et c’est illégal).

Garde à vue pour les 11 personnes présentes sur place ; normal, il y avait décès, donc enquête.

Autopsie : le résultat tombe, le médecin légiste est formel « absorption de VODKA RED BULL », trop d’apport en « Taurine et Glucuronolactone », trop d’excitants.

On sait que l’herbe est illégale, de plus en grande quantité elle peut rendre paranoïaque et avoir d’autres effets nocifs. Par contre le RED BULL pourtant vendu dans le rayon limonade de tout supermarché peut entrainer la « MORT », d’autant plus s’il est associé à de la VODKA.

Nous ne devrions pas consommer plus de 2 cannettes de RED BULL nature par semaine.

Il s’appellait Gildas, il est décédé

le 2 novembre 2008 et il ne savait pas…

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09 novembre 2008

Alcool

Alcool : comment boit-on région par région ?

L'Ile-de-France est l'une des régions où l'on consomme le moins d'alcool (Photo AFP).

Pour la toute première fois, un atlas recense précisément le type de consommation d'alcool localement. Et tord le cou à certaines idées reçues.

Alors que le plan Bachelot est sur les rails, une enquête publiée jeudi nous éclaire de manière inédite sur la consommation d'alcool en France. Cet atlas, le premier du genre, détaille ainsi avec précision, région par région, les pratiques des Français. Et permet de tordre le cou aux préjugés qui collent à la peau de certaines régions

Pour la première fois, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) et l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ont croisé deux sources différentes : l'enquête Escapad auprès des jeunes de 17 ans (lors de la journée d'appel de préparation à la défense) et le Baromètre santé. Les résultats, collectés en 2005 auprès de 60 000 personnes, ont été attentivement analysés, comparés et mis en perspective depuis et ont permis finalement aux enquêteurs de mettre au point cet atlas régional.

A l'échelle de la France, cette enquête confirme que l'on boit toujours moins en France depuis quelques décennies mais que l'alcool reste la substance psychoactive numéro un : seulement 8,4% des 12-75 ans déclarent n'avoir jamais bu aucune boisson alcoolisée. En haut du podium : le vin (77% en ont bu au moins une fois au cours de l'année), loin devant la bière. Et à chaque génération ses pratiques : la consommation quotidienne augmente ainsi avec l'âge (39% des plus de 65 ans, contre 1% chez les moins de 20 ans) alors que les ivresses ponctuelles restent l'apanage des plus jeunes.

Hausse de la consommation en Bourgogne

L'atlas permet également de dégager des grandes tendances région par région, à l'adolscence et à l'âge adulte. Et, surprise, l'image de la «France de l'alcool» n'est pas forcément celle que l'on croit.

A l'adolescence, l'usage régulier de boissons alcoolisées est plus répandu dans l'ouest et en Bourgogne. A contrario, où est-il le plus rare ? En Ile-de-France et dans le Nord-Pas de Calais, contrairement aux idées reçues. Des écarts de fréquence qui s'expliquent en partie «par les disparités sociales et économiques». Elément notable : la Bourgogne est la seule région qui depuis 2003 laisse apparaître une augmentation de la consommation régulière chez les jeunes. Par contre, les jeunes boivent peu dans les départements d'outre mer.

La Bretagne est la région en tête pour le «binge drinking» des ados (au moins cinq verres en une seule occasion), l'une des cibles du plan Bachelot, qui compte interdire la vente d'alcool aux mineurs et fermer les «opens bars». Ces beuveries - et les ivresses qui vont avec - sont par contre particulièrement limitées dans le Nord-Pas de Calais, la Picardie, la Haute-Normandie et surtout l'Ile-de-France.

On boit moins d'alcool dans le Nord-Pas de Calais

A l'âge adulte, le tour de France des consommations permet de dégager les régions où on boit le plus tous les jours : Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Nord-Pas de Calais, et celles où on boit le moins : Basse-Normandie, Pays de la Loire et Ile-de-France.

Deux régions apparaissent «en retrait» pour le «binge drinking» des adultes (au moins six verres en une seule fois) : la Haute-Normandie et l'Ile-de-France, une nouvelle fois. A l'inverse la Bretagne dépasse une nouvelle fois tout le monde pour ce type de consommation.

«Les cartographies des alcoolisations des adolescents et des adultes ne se superposent pas bien», remarque François Beck, responsable du département évaluation de l'Inpes. Comment l'explique-t-il ? L'imprégnation culturelle régionale est plus forte chez les adultes que chez les jeunes -sauf peut-être en Bretagne, où, de génération en génération, «on valorise le fait de boire».

Quant à la spécificité de l'Ile-de-France, il l'analyse par la cohabitation de «populations culturellement diverses», dont certaines rejettent l'usage de l'alcool. En outre la consommation quotidienne est «plus le fait des populations rurales» -et il y en a évidemment très peu dans cette région.

Source : Le figaro

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07 octobre 2008

Le ruineux coût social de l'alcool

Le ruineux coût social de l'alcool

De toutes les substances licites et illicites, c'est l'alcool qui revient le plus cher à la collectivité: 115 milliards de francs

Alcool, tabac et drogues illicites coûtent chaque année au bas mot 218 milliards de francs, soit 3 700 francs par habitant. Tel est l'un des principaux résultats d'une étude réalisée sous la direction de l'économiste Pierre Kopp, de l'université Paris I, pour le compte de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. «Il se dégage des premières données chiffrées que les drogues licites et illicites imposent un coût social important à la collectivité, écrit Pierre Kopp. Près de 3% du produit intérieur brut de la France est gaspillé.» Pour la première fois en France, les auteurs ont tenté d'évaluer l'ensemble des coûts supportés par la collectivité et induits par la consommation de tous ces produits, autorisés ou non. Selon l'étude, l'alcool arrive largement en tête, avec une dépense de 115 milliards de francs, soit près de 53% du total. Le tabac est en seconde position, avec 90 milliards (41% du total), tandis que les drogues illicites totalisent 13 milliards et 2,6%. «Ces résultats sont étonnants, car ils diffèrent notablement de ceux d'études menées à l'étranger selon une méthodologie analogue», assurent les chercheurs. Le très fort coût social de l'alcool serait ainsi une «exception française», le tabac arrivant en tête partout ailleurs. «Le fait que la France se trouve au premier rang de l'Europe des Quinze en matière de consommation d'alcool pur trouverait ainsi sa traduction en termes de coût social», conclut Pierre Kopp. En revanche, le coût social des drogues illicites est en France strictement dans la moyenne des autres pays, c'est-à-dire loin derrière alcool et tabac. Selon l'étude, la moitié des 218 milliards supportés par la collectivité représente les pertes de productivité engendrées par l'absentéisme et les décès. «L'alcool, le tabac et les drogues illicites ont été la cause de 82 287 décès prématurés en 1997, soit 16,3% des décès recensés», selon Pierre Kopp. Les dépenses de santé interviennent quant à elles pour 20% du total, suivies par les pertes de prélèvements obligatoires (10%) et les dépenses des administrations publiques (2,5%). Quant aux dépenses liées à la prévention, elles totalisent... 0,008%.

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Alcool et violence

Alcool et violence: un lien jusqu'où?

Des chercheurs grenoblois viennent de démontrer que l'état éthylique n'est pas toujours à l'origine de comportements agressifs. Présentée ce vendredi au ministère de la Santé, cette étude bouscule les dogmes de la psychologie du buveur. Explications, avec Laurent Bègue, son principal auteur.

Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse! C'est le résultat surprenant d'une étude de chercheurs grenoblois sur la violence et l'alcoolisme, qui montre que les comportements agressifs souvent manifestés par les buveurs ne sont pas liés à la quantité de spiritueux qu'ils ont ingurgitée, mais à celle qu'ils croient avoir consommée. En d'autres termes, l'alcool aurait un puissant effet d'autosuggestion capable d'enivrer un buveur alors qu'il est à jeun! Aussi étonnant par ses résultats que par la façon dont ils ont été obtenus (en plaçant des cobayes humains dans une situation mise en scène de toutes pièces), ce travail remet en question les dogmes établis en matière de délinquance et de prévention. Publié dans le Journal of Experimental Social Psychology, il est évoqué ce vendredi 19 septembre au ministère de la Santé lors de la présentation d'une enquête épidémiologique sur l'alcool et la violence.

"On sait depuis longtemps que les comportements des alcooliques sont fortement influencés par les stéréotypes sociaux et culturels, mais c'est la première fois qu'on met scientifiquement en évidence l'importance de ces facteurs", explique le responsable de l'étude, Laurent Bègue, professeur de psychologie à l'université de Grenoble et chercheur à l'Institut universitaire de France.

L'attitude agressive n'est pas liée à la quantité d'alcool ingurgitée, mais à celle qu'on croit avoir consommée.

De tous les psychotropes, l'alcool est en effet la substance la plus souvent impliquée dans les actes criminels: 60 % des auteurs de crimes violents avaient consommé de l'alcool au moment des faits, selon des statistiques internationales établies à partir de dossiers judiciaires de 11 pays. Pourtant, on connaît encore très mal la cause de cette agressivité éthylique, qui s'exprime différemment selon les individus et les situations, et n'est pas automatique: certains buveurs se montrent violents, d'autres joviaux et altruistes. Les spécialistes s'opposent: les uns expliquent l'agressivité alcoolique par la substance elle-même: l'éthanol modifierait le fonctionnement des neurotransmetteurs dans le cerveau, entraînant la réponse agressive. D'autres réfutent tout effet pharmacologique, et sont persuadés que l'ébriété n'est qu'un "paravent social", permettant de justifier des comportements aberrants.

Pour trancher le débat, Laurent Bègue a voulu mesurer l'impact de l'alcool sur le comportement, en utilisant le protocole classique du "double aveugle", où l'on administre à des volontaires séparés en deux groupes le produit actif à tester et un placebo. Il a pour cela mis au point une expérience aussi audacieuse que délicate au point de vue éthique. Elle consistait à observer les réactions de cobayes plus ou moins imbibés, placés dans une situation fictive: ils se retrouvaient agressés verbalement par un inconnu et avaient ensuite la possibilité de se venger, en versant des épices dans un plat que celui-ci devait ingurgiter...

Au menu, une boisson inconnue et du piment dans la purée

117 hommes de 18 à 44 ans de la région de Grenoble ont été recrutés par le biais d'une petite annonce parue dans le quotidien local. Les participants, payés 14 euros l'heure et sélectionnés après un questionnaire médical et psychologique, étaient convoqués dans les bureaux imaginaires de Stat-Aliments, loués pour l'occasion par les chercheurs. On leur expliquait qu'ils allaient boire, avant une dégustation de purée, trois verres d'un liquide indéfini au goût "Canada Dry" ne permettant pas de distinguer la présence ou l'absence d'alcool. Les uns étaient informés que le breuvage contenait l'équivalent de plusieurs mesures de vodka, d'autres qu'ils buvaient un simple jus de fruit. Certains croyaient être en état d'ébriété mais ne l'étaient pas, et vice versa.

Puis on leur présentait trois assiettes de purée: l'une qu'il s'agissait d'assaisonner à son goût à l'aide de sachets de sel et de Tabasco, la seconde, préparée par le participant précédent, qu'il fallait manger sous peine de voir réduit son salaire d'une vingtaine d'euros, et enfin une troisième destinée à être mangée par le cobaye suivant. Pendant la séance, un acteur se faisant passer pour un volontaire provoquait verbalement le sujet:
Le sujet avait ensuite l'occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce en pimentant son plat. On a mesuré ainsi le degré d'agressivité de chaque participant en comptant le nombre de doses de Tabasco et de sel utilisées. Certains ont versé jusqu'à 55 dosettes de piment...

Le dépouillement des données montre la corrélation entre la dose d'alcool que les volontaires croyaient avoir prise et le nombre de sachets de piment et de sel. En revanche, la quantité d'alcool réellement consommée ne détermine pas l'intensité de l'agression: ceux qui étaient ivres n'étaient pas les plus violents.

"L'expérience a duré plus d'un mois et n'a pas été facile, confie le chercheur grenoblois: l'acteur chargé de jouer le rôle du provocateur a été physiquement agressé, et je me souviens avoir moi-même essuyé le vomi d'un participant...» Des précautions avaient pourtant été prises. Les cobayes devaient passer une visite médicale, leurs effets personnels et leurs clefs étaient placés sous séquestre jusqu'à ce qu'ils soient dégrisés. Le comité d'éthique de l'hôpital de Grenoble a donné son accord après quelques aménagements du protocole. Les alcooliques ont été écartés, ainsi que les femmes. L'étude a été financée par l'université ainsi que par l'Ireb (Institut de recherches scientifiques sur les boissons), fondé par Pernod Ricard et d'autres alcooliers, et par les laboratoires Merck, qui commercialisent un médicament pour le sevrage alcoolique.

Questions sur les agressions

L'étude des chercheurs grenoblois n'est pas la seule sur le sujet. Ce 19 septembre sont aussi présentés par le ministère de la Santé les résultats de la première enquête épidémiologique française consacrée au lien alcool-violence dans la population. Réalisée par la Direction générale de la santé pilotée par Laurent Bègue, sur un échantillon de 2019 personnes de 18 à 65 ans vivant en Ile-de-France et dans le Nord qui ont répondu à un questionnaire sur ordinateur, elle visait à mieux connaître les habitudes de consommation et les représentations de l'alcool chez les auteurs et les victimes d'agression. Elle montre que la boisson est impliquée dans :

40 % des bagarres dans les lieux publics ;

35 % des agressions familiales (en général, violences contre les femmes) ;

32 % des actes de délinquance (vandalisme, destructions) ;

20 % des vols.

En outre, 6 % des personnes interrogées déclarent devenir agressives lorsqu'elles ont bu, et 27 % ont été témoin dans leur enfance de disputes ou de violences entre leurs parents, liées à l'alcool.

Une répression accrue

La loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance a alourdi les peines pour les infractions "commises sous l'emprise manifeste d'un produit stupéfiant ou en état d'ivresse manifeste". Elle a également introduit une notion de "circonstance aggravante" pour les infractions commises sous l'emprise de l'alcool, en inversant le raisonnement qui jusque-là avait tendance à exonérer partiellement les auteurs de délits en état d'ébriété au moment des faits. Certains pays, comme le Nicaragua, continuent d'accorder dans leur Code pénal des circonstances atténuantes aux criminels alcooliques (en Italie, c'est encore le cas lorsque l'ivresse n'est pas habituelle). Mais la quasi-totalité des tribunaux des pays occidentaux récusent désormais la notion "d'excuse alcoolique".

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06 octobre 2008

"Veilleurs de nuit" contre l'alcoolisation des jeunes

"Veilleurs de nuit" contre l'alcoolisation des jeunes

Confrontée comme de nombreuses autres villes d'Europe au phénomène du "binge drinking", l'hyperalcoolisation des jeunes, Nantes voit déambuler dans ses rues des "veilleurs de soirée" qui tentent de les raisonner.

Composée de salariés et bénévoles de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), l'équipe discute à bâtons rompus avec les différents groupes de jeunes avant de distribuer brochures, préservatifs voire éthylotests.

"Nous ne sommes pas là pour gâcher la fête", explique Léoine Pierre, 27 ans, infirmière et coordinatrice du projet. "Nous cherchons simplement à les faire réfléchir entre amis sur leur consommation d'alcool.

"On plante des points d'interrogation, sans attendre forcément de réponse", complète sa collègue Aurélie Demain, 25 ans. "En revoyant notre brochure le lendemain, ils pourront y repenser... surtout s'ils ont la gueule de bois."

Les résultats semblent pour le moins mitigés.

Assis sur les marches de la fontaine de la place Royale de Nantes avec une dizaine d'amis, Maxence, un lycéen de 16 ans, leur avoue sans détours "(se) mettre minable au moins une fois par mois". "Le but, c'est de finir aux chiottes", rigole une jeune fille de son groupe, qui a l'habitude d'acheter pour ses soirées "dix bouteilles de vodka pour quinze-vingt personnes".

"Moi, je ne peux pas aller en boîte sans avoir bu au moins trois bières", confesse un peu plus loin Teddy, 18 ans, assis avec six amis autour d'un pack vide de vingt-quatre bières.

"Mais dès que j'aurai mon permis, j'arrêterai de boire", assure cet étudiant en première année de géographie, qui a reçu des amendes pour consommation d'alcool sur la voie publique.

"Le danger, ce n'est pas seulement d'avoir un accident, c'est aussi pour ta santé", glisse Léoine, en lui remettant une réglette permettant de calculer son taux d'alcoolémie.

"L'EFFET D'UN PANSEMENT SUR UNE PLAIE"

Peu après minuit, les deux jeunes femmes se rendent en voiture aux abords du LC Club, vaste discothèque située en bords de Loire, où 3.000 étudiants affluent bouteilles à la main avant une gigantesque "soirée tonus".

Il y a tout juste un an, au même endroit, un jeune de 23 ans en état d'ivresse s'était noyé dans le fleuve, ce qui avait été le point de départ d'un "plan alcool" des autorités locales dans lequel s'inscrit l'action des Veilleurs de soirée.

Dès leur arrivée aux abords de l'établissement, Léoine Pierre et Aurélie Demain croisent deux jeunes, qui en portent un autre ivre mort à bout de bras. Jules, étudiant de 18 ans en première année de fac d'économie, a bu "un whisky et trois manzanas (liqueur de pomme)" avant sa première soirée tonus, selon ses amis, mais n'a pas tenu le choc.

Les deux "Veilleuses de soirée" resteront finalement pendant près d'une heure auprès du jeune homme, avachi sur un banc, le temps de convaincre son ami Romain d'appeler son père en pleine nuit pour servir de taxi. Leur amie Clara, la seule à avoir le permis de conduire, hésitait à aller chercher sa voiture... mais en a été dissuadée après avoir soufflé dans l'éthylotest.

"Peut-être avons-nous évité à un groupe de jeunes de finir contre un rond-point ou un platane", sourit Aurélie en repartant, qui se compare à "pansement sur une plaie".

Les hospitalisations chez les jeunes Français de 15 ans ont augmenté de 50 % entre 2004 et 2007, selon la dernière enquête ESCAPAD (Enquête sur la Santé et les Consommations lors de l'Appel de Préparation à la Défense).

Près d'un jeune sur deux déclare avoir été ivre au cours de l'année écoulée, et un sur dix dit l'avoir été "au moins dix fois" sur les douze derniers mois.

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé en juillet son intention d'interdire totalement la vente d'alcool aux mineurs dès 2009, tout comme les "open bars" (vente forfaitaire d'alcool). La loi Patients Santé Territoires, qui vise notamment à lutter contre l'alcoolisation massive chez les jeunes, sera présentée cet automne au Parlement.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

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21 août 2008

Une canette de Red Bull ...

Une canette de Red Bull suffirait à
causer des problèmes cardiaques

 (Photo David Boily, archives La Presse)

Une canette de 250 ml de boisson énergisante Red Bull suffirait à causer des dommages cardio-vasculaires, selon une étude australienne citée sur le site internet du Times.

Les chercheurs ont mesuré la pression sanguine et observé l’état des vaisseaux sanguins de 30 étudiants âgés de 20 à 24 ans. Après avoir absorbé une seule canette de boisson Red Bull sans sucre, les participants montraient un profil cardiovasculaire similaire à celui de personnes souffrant de maladies cardiaques.

Scott Willoughby, du Centre de recherche cardiovasculaire de l’hôpital Royal Adelaide rattaché à l’université d’Adelaide, s’est dit alarmé par les résultats et recommande aux adultes ayant eu des symptômes de maladie cardiaque par le passé de s’abstenir de consommer cette boisson énergisante ou, du moins, d’en parler à leur médecin avant de le faire.

Des études précédentes s’étaient attardées à la concentration de caféine du Red Bull (80 mg par canette) et de taurine, un acide aminé courant que l'on retrouve dans la composition des boissons énergisantes.

L’an dernier, une étude menée par une équipe de l’hôpital Henry Ford de Detroit, aux États-Unis, concluait que la boisson énergisante pouvait accroître les battements cardiaques et la pression sanguine.

Plus tôt cette année, un adolescent britannique a dû être hospitalisé pour cause de palpitations cardiaques après avoir ingurgité huit canettes de Red Bull.

Red Bull a vu le jour dans les années 80 en Autriche. En 2007, la compagnie a vendu 3,5 milliards de canettes de cette boisson énergisante dans 143 pays, dont le Canada et les États-Unis. La vente de cette boisson est cependant toujours interdite dans plusieurs pays dont la Norvège, l’Uruguay et le Danemark.

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31 juillet 2008

Champagne et santé : Usages thérapeutiques

Histoire du champagne
Champagne et santé : Usages thérapeutiques

   

La glycémie étant en général abaissée chez les opérés, il
convient de leur donner du champagne demi-sec,
sauf aux diabétiques pour lesquels on réservera le brut.
On se rappellera l'utilité, pour l'hôpital, de la
demi-bouteille ou du quart, ou mieux du bouchon-
stoppeur utilisé avec la bouteille laissée au frais.

Qu'il s'agisse d'opérés ou de malades, pour les estomacs
fatigués par une intervention ou une diète prolongée,
un réentraînement discret et progressif aux vins peut
se faire par de petites doses de champagne avant
de passer aux vins plus alcoolisés et plus riches en
éléments nutritif
s
(204).
Et dans tous les cas,
l'apparition du champagne déclenche chez ceux
qui ont côtoyé la mort un choc psychologique.
Depuis des générations, on a constaté que le champagne
rendait aux malades le goût de la vie, et chacun sait que
c'est là un des principaux facteurs de
guérison,
a écrit le docteur Suzor, gynécologue-
accoucheur des Hôpitaux de Paris, cité par Pierre
Andrieu (8). Boisson facile à digérer et riche
de nombreuses calories, le champagne est particulièrement
utile quand le malade ou l'opéré ne peut se nourrir
qu'avec parcimonie.

Voici ce que dit à ce sujet un article médical intitulé Diététique - Le champagne, paru dans le numéro de mars 1977 de Modes de Paris : Au niveau du tube digestif il nettoie efficacement, par l'action de ses tartrates acides, la langue chargée, et combat la bouche pâteuse si fréquente chez les malades et les opérés. Sel de potassium et CO2, aident l'opéré à retrouver un transit gastrique et intestinal normal et tous ceux qui sont passés par la fameuse crise des gaz du 3e/4e jour savent à quel point elle peut être pénible. Agissant sur le débit cardiaque et la tension artérielle, il est bien évident que la circulation générale va s'en trouver renforcée et que le fonctionnement des divers organes va en être amélioré.

Le champagne est donc bien le breuvage idéal pour les opérés et les convalescents.

LES FIÈVRES ET LE POUVOIR BACTÉRICIDE DU CHAMPAGNE

La fièvre, dans bien des cas, détermine chez celui qui en est atteint une perte (énergie qu'il convient de compenser pour en éviter les conséquences fâcheuses. Le champagne sec ou brut doit aider le malade à retrouver une température normale parce que ce vin contient, entre autres, le soufre combiné sous la forme de sulfate de potassium dont l'action détoxicante sur l'organisme a été établie (399). Claude Bonjean a raconté dans le Point du 8 septembre 1980 que lors de la préparation à Newport de la Coupe America, son skipper étant malade avec près de 40° de fièvre, le baron Bich, au lieu de faire venir le médecin, lui a dit après avoir débouché deux bouteilles de champagne: «Bois ça. Demain, tu seras d'aplomb»

En Champagne, on combat la fièvre avec un remède traditionnel d'une efficacité reconnue, une demi-bouteille de champagne très sucré et brûlant. En Italie, le champagne est très recommandé contre la fièvre : Stato ebrile, cura energica : 1 bottiglia di champagne al giorno (273).

Le champagne est également ordonné dans les fières infectieuses contre lesquelles il est particulièrement efficace en tant que vin blanc à l'acidité élevée. C'est un bactéricide vrai, en ce sens qu'il ne se contente pas d'empêcher la reproduction des bactéries, comme les sulfamides par exemple. Comme les antibiotiques, mais sans avoir leurs inconvénients, il détruit aussi les cellules bactériennes parasitant ou infectant le milieu intestinal et il agit également sur les staphylocoques et pneumocoques. C'est ainsi que le champagne était utilisé contre le choléra alors qu'on ne disposait pas encore de remèdes efficaces. On en trouve des témoignages dans la revue Chine et Belgique de mars 1909. Aujourd'hui, il est recommandé dans la fièvre typhoïde. Le Larousse médical illustré de 1920 précisait déjà que d'après des travaux récents de M. Sabrazes et Mercandier, le vin de Champagne détruit le bacille de la fièvre typhoïde en dix minutes.

Le champagne est également utile pour prévenir la colibacillose, parce que, selon le docteur H. Galhinger, le vin blanc sec acidifie le milieu humoral et représente en outre un excellent bactéricide, il sera donc absorbé à titre préventif chez les sujets qui ont tendance à cultiver en excès leurs colibacilles (399). Quant à la thérapeutique de la tuberculose, selon certains médecins, contrairement à ce qui a été souvent avancé, elle utilise avec avantage le champagne.

Seul l'abus du vin est alors à incriminer. Son usage raisonnable, aux dires des pneumologistes, entre autres le docteur Mistal, de Montana, pour ne citer que ce dernier, serait loin d'être contre-indiqué et défendu chez les sujets porteurs de bacilles de Koch (399). Ce spécialiste suisse, au cours d'une communication faite en 1936 au 3e Congrès national des médecins amis des vins, a fait état de l'aide que lui apportait le champagne pour calmer la toux et diminuer les souffrances des tuberculeux dans les périodes terminales de leur maladie en créant une euphorie apaisante. Il a en outre précisé que si les vins sont formellement contre-indiqués dans les états hémoptoïques, il est cependant fait exception pour le champagneglacé.

L'ACTION DU CHAMPAGNE SUR LA RESPIRATION

Le gaz carbonique est indispensable au fonctionnement  des noyaux bulbaires, centres nerveux de la respiration. Sous l'influence du champagne, les mouvements sont plus amples, plus réguliers, plus fréquents. Il en résulte un plus grand apport d'oxygène au sang et aux tissus, ce qui aide puissamment à la transformation des déchets et à leur élimination (421). De 1966 à 1969, sous la direction des professeurs Dubois de Montreynaud et Choisy, un groupe de chercheurs de la faculté de médecine de Reims a étudié les effets du champagne sur la respiration, en collaboration avec le Comité interprofessionnel du vin de champagne. On constate, dans le rapport final, que l'équivalent respiratoire, qui mesure le volume d'air qui doit passer dans les poumons pour que le sujet absorbe un litre d'oxygène, diminue sous l'action du champagne. Cela revient à dire que l'on respire plus efficacement. Cela est dû au fait que les sujets consomment autant d'oxygène alors que le volume d'air ventilé par minute est plus petit.

On peut ajouter que les vins blancs riches en alcool, donc le champagne, sont utiles dans le traitement de la pneumonie et de la pleurésie, particulièrement dans la phase aiguë et fébrile de cette dernière (204). Proust s'en servait ainsi pour combattre les crises et il l'a raconté dans A l'Ombre des jeunes filles en fleurs : Depuis longtemps déjà j'étais sujet à des étouffements et notre médecin m'avait conseillé du champagne quand je sentais venir une crise.

LE CHAMPAGNE ET L'APPAREIL NUTRITIF

On l'a vu à plusieurs reprises, le champagne a toujours été considéré comme apte à faciliter le fonctionnement de l'appareil digestif. Ses acides contribuent à l'activité physiologique du chyme de l'estomac en augmentant les sécrétions biliaires et pancréatiques et par voie de conséquence accélèrent la digestion, que favorise en outre l'inositol dont il est très riche. Son gaz carbonique rend les suites faciles (392). Il stimule l'activité musculaire et la sécrétion gastrique. Gault et Millau racontent dans le Guides Julliard du champagne que le célèbre restaurateur Lasserre prend un sachet de bicarbonate de soude après chaque repas. Mais il se le fait toujours verser dans une flûte remplie de champagne. « C'est le secret de ma constance à table », affirme-t-il. Quand il se trouve contraint de prendre sa potion digestive dans de l'eau, il éprouve dans les minutes qui suivent d'insupportables brûlures d'estomac.

Au repas, il convient cependant de boire le champagne dès le commencement plutôt qu'à la fin. Servi trop froid au dessert, il peut en effet avoir un effet de blocage de l'appareil nutritif; pris dans de bonnes conditions, il combat au contraire la paresse d'estomac en agissant par ses vertus euphorisantes et en provoquant, par son contact avec la muqueuse buccale, la sécrétion salivaire. Celle-ci augmente environ dix minutes après l'ingestion du champagne et retourne à sa valeur normale une heure plus tard.

Le champagne est efficace dans la plupart des dyspepsies sauf lorsqu'elles prennent une forme très aiguë, qui rend les vins mousseux difficiles à supporter. Le docteur Maury conseille le champagne sec ou brut pour l'aérophagie, du fait de l'action mécanique produite par le gaz naturel sur la paroi gastrique qui favorise la remise en route de la contraction physiologique de l'estomac, permettant ainsi l'évacuation de l'excès d'air par la bouche. Il précise à ce sujet que les mousseux obtenus par gazéification artificielle sont, au contraire, contre-indiqués dans l'aérophagie.

Il prescrit aussi le champagne sec ou brut dans les cas de paresse d'estomac, parce que ce vin au pH favorable agit dans le sens de la tonicité et que de plus il contient du potassium sous forme de bitartrate dont on connaît les effets sur la conductibilité des fibres musculaires; enfin, il accélère la sécrétion des ferments agissant sur la digestion des substances albuminoïdes,- d'où son avantage sur les eaux gazeuses le plus souvent pauvres en éléments chimiques.

Pour des raisons analogues, il préconise enfin aux personnes souffrant de descente d'estomac ou de paresse du foie de prendre deux flûtes de champagne au cours des repas, en précisant que le vin n'est contre-indiqué que si l'insuffisance hépatique est liée à l'existence d'une cirrhose, et que le champagne est particulièrement à conseiller parce que son sulfate de potassium joue un rôle de détoxication et que grâce à lui, le foie peut faire agir sa fonction antitoxique; joue donc à la fois un rôle de nettoyage et de protection contre les poisons microbiens et organiques (399).

Aux troubles de l'appareil nutritif peut se rattacher arthritisme, diathèse caractérisée par un ralentissement des fonctions digestives susceptible d'entraîner divers ésordres. Parmi ceux-ci, selon certains médecins, il en est auxquels le champagne peut porter remède, en raison principalement de sa valeur diurétique, de sa richesse en bitartrate de potassium, et d'un pouvoir euphorisant très utile dans des maladies douloureuses et démoralisantes. On l'a vu à maintes reprises pour la goutte, depuis les vins de Champagne de la Bataille des vins, au XIVe siècle, jusqu'au Grand Vin sans sucre de Laurent-Perrier recommandé comme le meilleur champagne que l'on puisse trouver pour les goutteux, à la fois dans les intervalles entre les attaques et lors de la crise elle-même (267), en passant par la Querelle des vins des XVIIe et XVIIIe siècles. À noter qu'il est erroné de croire, comme on le fait souvent, que l'abus du vin est responsable de la goutte. Comme le constate le docteur Mauriac, les goutteux sont très nombreux dans les pays où on ne consomme que très peu de vin, tandis qu'ils sont rares dans les pays où on consomme à peu près exclusivement cette boisson (398).

Pour certains rhumatismes chroniques, le docteur Maury conseille les vins nature de Champagne (399). Lorsqu'ils ont effervescents, ils ne sont cependant pas contre-indiqués, d'autant plus que les malades étant soumis à des régimes alimentaires assez pauvres, en même temps qu'à des thérapeutiques chimiques souvent déprimantes, la douleur aidant cette dépression, ont besoin d'un élément physiotonique et neurotonique (204). Le champagne a eu dans cette utilisation un bon avocat, le célèbre économiste anglais Arthur Young; il raconte que lors de son séjour à Épernay, en juillet 1889, il l'a totalement guéri de rhumatismes dont il souffrait avant d'arriver en Champagne (666).

  Avant d'en terminer avec l'action du champagne sur les affections de l'appareil nutritif, il convient de faire justice des allégations selon lesquelles le champagne aurait la particularité de provoquer des spasmes digesifs, ce qui le fait désigner parfois par l'affreux mot de roteux. C'est une accusation sans aucun fondement et d'autant plus aberrante que le gaz carbonique est un  antispasmodique. Ces accidents, qui arrivent aussi bien avec des vins non mousseux, ne peuvent se produire que chez des personnes atteintes de sténoses pyloriques. D'où il résulte que les spasmes qui pourraient survenir lors d'une ingestion de champagne seraient seulement un signe de mauvaise santé.

En ce qui concerne enfin le champagne accusé de causer des sensations d'acidité dans la région épigastrique, deux explications sont possibles. La première est qu'il s'agit d'un vin trop vert, dont l'acidité est excessive, ce qui est très rare, la seconde, et c'est le cas général, est que le sujet a l'estomac fatigué ou malade, et qu'il devrait s'abstenir de boire du vin, en tout cas en dehors des repas.

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29 mai 2008

L'alcoolisme endommage le cerveau et cause des troubles de mémoire

L'alcoolisme endommage le cerveau et cause des troubles de mémoire

Les personnes alcooliques présentent des troubles plus ou moins graves des différentes composantes de la mémoire, et non pas seulement celles qui souffrent du syndrome de Korsakoff (1), selon une récente recherche de l'Inserm. On estime qu'en France deux millions de personnes sont alcooliques (ont une dépendance à l'alcool).

  On considérait jusqu'à présent que l'alcoolisation chronique n'amenait de déficit de la mémoire que dans le cas d'un syndrome
amnésique sévère, dit syndrome de Korsakoff. Ce dernier touche une faible proportion de patients alcooliques et survient principalement en cas d'association avec une importante carence en vitamine B1 (thiamine).

L'équipe dirigée par Anne-Lise Pitel a mené des tests chez un groupe de patients alcooliques Korsakoff, un groupe de patients alcooliques non Korsakoff et un groupe témoin non alcoolique. Les participants devaient, par exemple, apprendre 6 mots présentés à 6 endroits et 6 moments différents et se souvenir d'un maximum de mots possibles à la fin de la journée ainsi que des moments et lieux où ils avaient été présentés.

Les résultats ont montré que les patients alcooliques, qu'ils présentent un syndrome de Korsakoff ou non, ont des troubles similaires de la mémoire, à différents degrés.

Il s'agit à la fois de perturbations de la mémoire épisodique (celle qui permet de se remémorer des événements, de se projeter dans l'avenir) et de la mémoire de travail (qui permet, par exemple, de se souvenir d'un numéro de téléphone juste après l'avoir regardé).

La seule différence observée chez les patients Korsakoff est un déficit plus sévère de la mémoire épisodique. Chez les patients alcooliques non-Korsakoff, les déficits les plus sévères de la mémoire épisodique correspondent à ceux des patients Korsakoff aux troubles les moins sévères.

"Il apparaît essentiel de réexaminer la théorie de la continuité des effets de l'alcool sur la cognition, proposée au début des années 70, puis abandonnée." explique Anne-Lise Pitel. "Nos travaux suggèrent aujourd'hui qu'il existe bien une progression régulière des atteintes mnésiques des patients alcooliques, mais indépendante des modalités de consommation d'alcool (quantité, durée, âge de début...). Le degré d'atteinte est probablement lié à une susceptibilité individuelle, peut-être génétiquement déterminée, aux effets de l'alcool sur le cerveau."

Sachant qu'actuellement lors des sevrages on ne prend pas nécessairement en compte les troubles cognitifs des patients s'ils ne sont pas touchés par le syndrome de Korsakoff, les chercheurs estiment indispensable la mise en place d'une évaluation neuropsychologique systématique des patients alcooliques. Ce qui permettrait d'améliorer les prises en charge et d'éviter l'évolution vers l'amnésie ; d'autant qu'il existe des traitements préventifs contre le syndrome.

PsychoMédia avec source:
Inserm, communiqué de presse


(1) Le syndrome de Korsakoff est un syndrome amnésique avec désorientation dans le temps et l'espace, manque d'initiative, fausse reconnaissance et parfois, fabulation. Résultat d'une atteinte du cerveau bilatérale touchant le circuit constitué par l'hippocampe, les corps mamillaires et le thalamus. En général cette atteinte est le résultat d'une carence en vitamines B1 causée par un alcoolisme chronique.

(2) Laboratoire « Neuropsychologie cognitive et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine » à Caen de l'Institut nationale de la santé et de la recherche médical (Inserm). Ces travaux sont publiés dans la revue Alcoholism : Clinical and Experimental Research.


Voyez également:

Bière ou vin, lequel est le plus dommageable pour le cerveau?
L'alcool plus dommageable pour le cerveau des femmes
Alcool à l'excès chez les jeunes: troubles de mémoire plusieurs jours plus tard
Comment reconnaître la dépendance à l'alcool?
Quels sont les symptômes de sevrage alcoolique ?
DOSSIER : Addictions et toxicomanie

Pour vous exprimer sur ce sujet, visitez nos FORUMS Addictions et toxicomanies.


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Posté par JennyPOETESSE à 08:00 - ALCOOL - Commentaires [0] - Permalien [#]
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