Une première française

 

 

Au CHU de Toulouse

 

Le docteur Sylvain Fowo Ngadjou a implanté le premier neurostimulateur compatible avec une IRM. Les patients n'ont pas à être opérés pour enlever le dispositif avant l'IRM./Photo DDM Thierry Bordas

Le docteur Sylvain Fowo Ngadjou a implanté le premier neurostimulateur compatible avec une IRM. Les patients n'ont pas à être opérés pour enlever le dispositif avant l'IRM

Le service de neurochirurgie du CHU deToulouse vient d'implanter le premier neurostimulateur compatible avec un examen IRM. Une première en France.

Entre leur neurostimulateur et un examen IRM (imagerie par résonance magnétique), les patients ne seront plus obligés de choisir. Une nouvelle génération de neurostimulateur, compatible avec l'IRM, a été implantée pour la première fois en France sur une patiente du CHU de Toulouse. L'opération a été réalisée en février dernier par le docteur Sylvain Fowo Ngadjou sur une quinquagénaire. «Cette dame était déjà porteuse d'un neurostimulateur mais sa pathologie allait nécessiter un suivi par IRM. Nous avons remplacé l'ancien par ce nouveau modèle. Elle peut désormais passer une IRM à Toulouse et dans n'importe quel autre centre», explique le neurochirurgien du service de neurochirurgie de l'hôpital Pierre-Paul Riquet dirigé par le professeur Jean-Christophe Sol. La compatibilité du nouvel appareil a pu être vérifiée en réalisant une IRM deux semaines après l'implantation.

Grâce à son dispositif de filtres et des électrodes spéciales, le neurostimulateur SureScan TM assure une sorte de blindage autour de l'appareil. «L'énergie produite par les aimants de l'IRM s'en trouve dispersée. Auparavant, si un patient avait passé une IRM avec un neurostimulateur classique, non seulement l'image obtenue aurait été perturbée et donc difficile à interpréter, mais il risquait surtout une brûlure de la moelle épinière, une lésion irréversible. L'IRM était donc interdite aux personnes porteuses d'un neurostimulateur. Il fallait les opérer pour explanter le dispositif sans avoir la certitude de pouvoir leur en placer un autre. On a vu certains patients refuser de passer une IRM pour pouvoir garder leur stimulateur : il était hors de question pour eux que les douleurs reviennent. Mais sans IRM, le diagnostic de certaines pathologies est plus difficile, notamment dans les cancers. Ce nouveau stimulateur est l'avenir, beaucoup d'autres centres français vont en poser», souligne le docteur Fowo Ngadjou.

Dispositif coûteux (minimum 10 000 €), le neurostimulateur est posé sur moins de dix personnes chaque année au CHU de Toulouse. Selon le modèle, la pile est changée tous les cinq ou neuf ans. «Les conditions d'implantation de nos tutelles sont réglementées mais la pose d'un neurostimulateur bloque la douleur, c'est un confort terrible pour le patient et une économie à long terme : moins de consultations, moins de séances de kiné, moins de médicaments… », glisse le neurochirurgien.


Des impulsions contre la douleur

Un neurostimulateur ou «système de stimulation médullaire » est une pile placée sous la peau et reliée à des électrodes. Il envoie de légères impulsions électriques dans la moelle épinière afin d'empêcher l'information douloureuse d'atteindre le cerveau. La stimulation peut être réglée à l'aide d'un programmateur portatif (télécommande) qui permet au patient de choisir un moment précis de la journée ou selon ses activités (sport, position assise, nuit…)

Il est proposé aux personnes souffrant de douleurs chroniques et pour qui les cures et traitements médicamenteux ont échoué. En France, 2000 personnes bénéficient d'un traitement de la douleur par neurostimulation.

Les premiers neurostimulateurs ont été implantés à Toulouse dans les années 1970 par le professeur Yves Lazorthes.

 

 

 

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