Diagnostic en ville

 

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On estimait en France en 2010 qu’environ 20 % des personnes vivant avec le VIH –soit de 24 à 29 000 individus- ignoraient leur statut.  Un chiffre étonnant quand on sait que 5 millions de tests sont réalisés chaque année dans le pays, plaçant la France, avec un taux de screening de 77/1 000 habitants, au 2ème rang des pays européens, et que le dépistage est proposé dans de nombreuses structures de soin de façon totalement anonyme et gratuite. Un chiffre ennuyeux, aussi, parce que près de 30 % des nouveaux diagnostics sont posés à un stade tardif.

Où est l’erreur ? Depuis quelques années, différentes institutions, dont l’HAS, plaident pour un dépistage élargi et quasi systématique des adultes, réalisable en milieu communautaire de la façon la plus aisée qui soit. Des kits simples et rapides, fournissant un diagnostic en quelques minutes, étant disponibles depuis longtemps, pourquoi ne pas les proposer directement au cabinet du médecin à l’occasion de toute consultation?

Pour mesurer les taux d’acceptabilité et de réalisation du dépistage par test rapide d’orientation diagnostique (TROD) en médecine de ville, R Gauthier et coll., de l’Université Paris-Diderot, département de médecine générale, ont mené une étude prospective interventionnelle d’évaluation du TROD Vikia HIV1/2 en consultation, une information sur le dispositif étant affichée en salle d’attente. De juin à octobre 2010, 62 médecins, en majorité généralistes, ont inclus 383 adultes d’une moyenne d’âge de 36,2 ans. Le TROD, fonctionnant avec du sang capillaire total en 30 mn, a été proposé avec une acceptabilité remarquable, de 99,7 %, ayant en pratique été refusé par un seul consultant, et a été demandé par les patients dans 65 % des cas. La population testée a représenté 1,5 % des adultes ne connaissant pas leur statut pour le VIH et qui ont consulté pendant la période de l’étude. Les patients se sont déclarés très satisfaits d’une  procédure estimée par ailleurs peu douloureuse, certains médecins moins, recueil du sang capillaire à la pipette et durée de la procédure constituant les principales difficultés. En fin d’étude, presque 60 % des médecins se disaient  malgré tout prêts à continuer d’utiliser le TROD VIH dans leur pratique.

Les conclusions des auteurs parisiens sont plutôt optimistes, puisqu’il leur semble que le diagnostic rapide du VIH en médecine de ville est réalisable et bien accepté par les patients. Premier test pour 22 % des consultants inclus, sa faisabilité s’est quand même avérée limitée par la question du prélèvement sanguin sur place et sa chronophagie dans la consultation. Deux décrets du Ministère de la santé de novembre 2010 permettaient aux praticiens de réaliser ces tests au cabinet, en précisant les critères de qualité à respecter. Un dernier point d’importance, en ces temps où l’on compte soumettre  tous les biologistes du pays à une accréditation particulièrement rigoureuse…



Dr Jack Breuil

 

Gauthier R et coll. : Feasibility and acceptability of rapid HIV screening (DEPIVIH) by French family physicians. Med Mal Infect 2012; 42: 553-560. doi: 10.1016/j.medmal.2012.08.005. http://www.jim.fr/

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