Conférence du Professeur Blotman du CHU de Montpellier le 26/10/2009

La fibromyalgie est caractérisée par des douleurs chroniques diffuses. On l’appelle également « syndrome polyalgique diffus » ou « alodynie généralisée.

Il y a 700 000 cas en France, dont 80 % de femmes.   

Elle démarre généralement vers la trentaine. Les personnes en souffrant disent qu’elles ont des douleurs partout, depuis toujours. Elles se plaignent du fait que personne ne les croit, qu’on ne les écoute pas, qu’on ne les comprend pas.

Les douleurs sont musculaires (muscles noués, tendus), tendineuses et articulaires. Les douleurs articulaires sont insensibles aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

En plus de la douleur, il y a une fatigue matinale plus une grande fatigabilité, des troubles du sommeil, des fourmis dans les mains, dans les jambes, le syndrome des jambes sans repos, des colites chroniques, des troubles vésicaux.

Aucun examen biologique ne montre d’anomalie.   

Le diagnostic est établi en établissant une pression sur 18 points du corps. Si 11 points sont douloureux et s’il n’y a pas d’autre maladie associée, le diagnostic est confirmé

Le syndrome sec (yeux, bouche) est différent de la fibromyalgie mais il s’accompagne également des symptômes de celle-ci. Par contre, il existe des médicaments efficaces pour le syndrome sec.

Les antidépresseurs peuvent donner le syndrome sec.   

La sclérose en plaques peut ressembler, au début, à la fibromyalgie.   

Il n’y a jamais de paralysie avec la fibromyalgie.   

Le premier facteur favorisant l’apparition de la fibromyalgie est l’accident avec le « coup du lapin ». Le deuxième facteur est un traumatisme psychologique (deuil, harcèlement psychologique, viol, attouchements sexuels).

La fibromyalgie arrive sur un terrain particulier. Il peut y avoir un facteur génétique (anomalies sur neuro-transmetteurs).

La personne souffrant de fibromyalgie a un trouble de modulation de la douleur. Elle a une sensibilité pour des stimulations qui, normalement, ne sont pas douloureuses.

On a pu créer des modèles expérimentaux de fibromyalgie sur des souris en rendant leurs neuro-médiateurs défaillants, ce qui va permettre de tester différents médicaments.

C’est dans la tête ?   

Des dépressions peuvent précéder ou succéder à la fibromyalgie. L’anxiété (peur de ce qui va arriver) est 3 fois plus fréquente chez un fibromyalgique que chez un non fibro.

Catastrophisme, incertitude : j’ai mal, on ne me reconnaît pas. Le catastrophisme explique 50 % de la douleur.   

Peur de la douleur : on bouge moins pour ne pas avoir mal (et moins on bouge, plus on a mal).   

Hypersensibilité au stress : bruit, chaleur, lumière, etc.   

Le copyng négatif (façon dont on se comporte face à la maladie) est un facteur d’aggravation.   

C’est dans la tête de façon organique ?   

Oui, dans la mesure où on constate des anomalies du muscle dues aux contractures. Il y a également des troubles du sommeil lent profond (sommeil réparateur).

Dans le système nerveux central, dans les zones d’anticipation de la douleur, dans les zones d’intégration de la douleur, dans les zones de la mémoire, on a trouvé des anomalies de la vascularisation.

Anomalies des neuro-médiateurs : dopamine, noradrénaline, substance P. Les neuro-médiateurs agissent sur le sommeil et mettent le muscle au repos.

Anomalies également dans le système hypotalamo-hypophysaire (système de défense du stress).   

Dans les guerres, le stress post-traumatique ressemble beaucoup à la fibromyalgie.   

Le stress chronique a un effet sur la fibromyalgie alors que le stress soudain (11 septembre par exemple) n’en a pas.   

Il faut lutter contre le catastrophisme. Il faut avoir un support social (famille, entourage) et une aide sociale (quand on nous l’accorde).

Médicaments  

Antalgiques :   

Palier 1 : paracétamol,  tramadol   

Palier 2 : efferalagan avec codéine   

Palier 3 : morphiniques (possibles ponctuellement en cas de grosse crise)   

Anti-convulsivants (donnés généralement pour l’épilepsie). Ils agissent sur les douleurs chroniques (Clonazépam : Rivotril – Gabapentine : Neurontin - Prégabaline : Lyrica). Il y a beaucoup d’effets secondaires avec ce type de médicaments : somnolence, vertiges, prise de poids).

Antidépresseurs : ils sont efficaces surtout si on ne souffre pas de dépression en modifiant les neuro-médiateurs. Ils corrigent les anomalies et certains agissent sur la fatigue. Certaines personnes supportent mal le Laroxyl ou le Cymbalta en raison d’une hyper-sensibilité aux médicaments.

Autres médicaments :   

La famille des Cétron (utilisés en cancérologie contre les vomissements) modifie le système nerveux central.   

Le Xyrem (voie du Gaba) qui est un cousin de la drogue du viol, est efficace en agissant sur le sommeil et sur les douleurs mais il doit se prendre la nuit. C’est un hyper stupéfiant donc il y aura de la difficulté à le distribuer.

Le Pramitaxol (utilisé pour les patients souffrant de la maladie de Parkinson) semble être efficace pour la fibromyalgie.   

Le Minalcipran (des laboratoires Fabre) est en procédure d’appel.   

Volet non médicamenteux   

L’exercice à dose modérée (difficile car nous sommes des hyper-actifs et que nous avons tendance à en faire trop). Il faut faire de l’exercice progressif en augmentant régulièrement. Ne pas se lancer dans le marathon !

La kinésithérapie pour enlever les contractures (éventuellement dans l’eau).   

Le thermalisme.   

L’acupuncture (mais n’est pas toujours bien tolérée).   

Lâcher l’hyperactivité au stress en pratiquant la relaxation, la sophrologie.   

Les techniques cognitivo-comportementales peuvent marcher (en apprenant à modifier la façon dont on se comporte).   

Les facteurs déclenchants sont des évènements favorisants comme un viol ou un accident. L’hyperactivité est probablement un facteur déclenchant.

On peut avoir une spondylarthrite et une fibromyalgie.   

La fibromyalgie de l’homme est généralement plus grave que celle de la femme. Il vaut mieux éviter de mettre l’étiquette fibromyalgie sur les enfants et les adolescents avant l’âge de 18 ou 20 ans.

On est dans le « fibro fog » quand les circuits sont encombrés par la douleur.   

Les personnes souffrant de fibromyalgie ont une perte de capacité mémoire de 20 ans (quand elles ont 40 ans, c’est comme si elles en avaient 60).

Source

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Une louve fibropensive & fibropoésies

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